La Banque nationale d’Éthiopie (NBE) a officiellement déclaré illégales toutes les transactions de cryptomonnaies de pair-à-pair (P2P) associées à la monnaie nationale, le Birr. Dans un avis public daté du 27 février 2026, la banque centrale précise que l’utilisation de plateformes d’échange ou de services similaires pour ces opérations n’est pas permise sans son autorisation explicite.
Des risques majeurs et un contexte de répression financière Le régulateur justifie cette interdiction stricte par la nécessité de protéger les consommateurs et le système financier face aux risques inhérents à ces marchés. La NBE met en garde le public contre la forte volatilité des actifs virtuels, l’exposition à la manipulation des prix de change, les fraudes, les risques opérationnels, ainsi que l’absence de mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT).
Cette décision s’inscrit dans un climat de durcissement sécuritaire et financier de la part des autorités éthiopiennes. Elle intervient à peine trois mois après une vaste opération de répression menée par le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) contre les crimes financiers. Cette offensive ciblait le trading illégal de devises, l’évasion fiscale et les transferts d’argent non autorisés, y compris via des plateformes numériques et cryptos non réglementées. Les autorités ont estimé la valeur totale des activités illicites visées par cette opération à plus de 50 millions de dollars (soit environ 46 millions d’euros ou un peu plus de 30 milliards de FCFA). Durant cette même période, le gouvernement avait également ordonné le retrait des licences de toutes les sociétés de paris sportifs du pays.
Vers un futur cadre réglementaire Toutefois, la banque centrale éthiopienne ne ferme pas définitivement la porte aux innovations numériques. L’institution a révélé qu’elle travaille activement à l’élaboration d’un cadre réglementaire complet pour permettre une participation sûre et ordonnée aux technologies d’actifs numériques émergentes. Ce processus inclut des consultations avec des régulateurs internationaux et des acteurs locaux afin de s’aligner sur les meilleures pratiques mondiales, tout en préservant l’intégrité du système de paiement national.
Jusqu’à l’introduction officielle de ce nouveau cadre, l’interdiction des transactions de cryptomonnaies P2P libellées en Birr reste formellement en vigueur.














