Le système électoral et d’identification sénégalais fait face à un défi logistique et technologique majeur pour l’année 2026. Les cartes nationales d’identité biométriques de la CEDEAO, instaurées en 2016 avec une durée de validité de dix ans, arrivent massivement à échéance.
L’alerte a été publiquement lancée par Adji Mbergane Kanouté, Secrétaire générale du Bureau politique de l’Union pour le Développement du Sénégal / Authentique (UDS/A). Aujourd’hui figure de l’opposition, cette responsable politique appartenait à la coalition au pouvoir sous l’ancien régime, qui avait précisément mis en place ce système biométrique il y a une décennie. Elle souligne aujourd’hui que l’expiration de ces pièces d’identité risque de priver une part importante de la population de son droit de vote, la révision des listes électorales exigeant la présentation d’une carte valide.
Le défi pour les nouvelles autorités est double. Sur le plan administratif, l’absence actuelle de communication concernant un plan de renouvellement massif ou une éventuelle prolongation automatique de la validité des cartes suscite des interrogations légitimes quant à la participation des citoyens, notamment des primo-votants.
Sur le plan technologique, Mme Kanouté a également soulevé des inquiétudes concernant la souveraineté et la sécurité des données. Elle pointe du doigt une présumée cyberattaque qui aurait ciblé les serveurs de la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), l’organe névralgique gérant le fichier électoral.
Pour l’opposition, la combinaison de l’obsolescence des supports physiques (les cartes) et des vulnérabilités potentielles de l’infrastructure numérique (la DAF) pourrait fragiliser la transparence du processus électoral. Le gouvernement actuel est donc appelé à clarifier rapidement sa feuille de route technique et administrative pour sécuriser les données de l’État et garantir la continuité des droits civiques.














