Il y a des nominations qui ne ressemblent pas aux autres. Celle de Mahuna Akplogan à la tête du Ministère de la Transformation Digitale et de l’Innovation du Bénin en fait partie.
Docteur en Intelligence Artificielle, cofondateur de Smart Layers, ancien pilier de Sèmè City — la cité internationale de l’innovation —, le nouveau ministre n’arrive pas avec des promesses : il arrive avec un bilan. Sous son impulsion, le Bénin a déjà mis en ligne GPT.BJ, premier chatbot gouvernemental du pays, permettant à tout citoyen d’interroger les codes juridiques nationaux en temps réel. Il a aussi lancé « J’aime ma langue », une initiative pionnière pour intégrer le Fon, le Yoruba ou le Bariba dans les grands modèles d’IA mondiaux — un geste fort pour une Afrique qui veut exister dans la prochaine révolution technologique, pas seulement la subir.
À 40 ans, ce fils du Bénin formé en France et aguerri sur les marchés internationaux revient avec une conviction : la technologie n’a de valeur que si elle est inclusive et ancrée dans les réalités locales.
Dans un continent où le débat sur la souveraineté numérique reste souvent théorique, le profil d’Akplogan représente quelque chose de rare — un praticien au pouvoir. Le Bénin fait le pari que c’est exactement ce dont le numérique africain a besoin.














