Les investisseurs providentiels ne se contentent plus de signer des chèques en Afrique : ils veulent changer la donne. Selon le dernier rapport de l’ABAN et de Briter Bridges, 85,3 % des business angels actifs sur le continent privilégient désormais les startups capables de générer un fort impact économique et social (comme l’autonomisation des femmes et des jeunes). Plus qu’un simple apport financier — les chèques individuels dépassent rarement les 25 000 dollars (environ 15 millions de FCFA), bien que les réseaux d’investisseurs puissent monter jusqu’à 100 000 dollars (près de 60 millions de FCFA) —, ces acteurs apportent surtout une aide immatérielle précieuse : conseil stratégique, mentorat et accès à leurs carnets d’adresses.
L’étude, qui recense plus de 5 000 business angels et 75 réseaux sur le continent, confirme également l’engouement prononcé pour l’Agritech, qui s’impose comme le secteur de prédilection. Géographiquement, si 80 % des transactions se concentrent toujours sur le fameux « Big Four » (Nigeria, Égypte, Kenya, Afrique du Sud), des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou la Zambie suscitent un intérêt croissant. Autre point positif : la féminisation du secteur avance, puisque 37 % de ces investisseurs de l’ombre sont des femmes, et un tiers est issu de la diaspora. Cependant, le rapport note une prudence grandissante face aux dévaluations monétaires et au manque de liquidités, poussant près de 30 % d’entre eux à geler ou réduire leurs investissements.














