Zazu, une plateforme bancaire numérique ciblant le segment négligé des entreprises africaines, a sécurisé 1 million de dollars en financement de pré-amorçage (pre-seed). Ce tour de table, mené par Plug and Play Ventures, valide la stratégie des fondateurs visant à combler le fossé bancaire pour le « missing middle » (le milieu manquant) du continent, coincé entre la microfinance et la banque d’entreprise traditionnelle.
Fondée par deux anciens cadres de la licorne allemande Solarisbank, Germain Bahri et Rinse Jacobs, la startup ambitionne de reproduire le succès de la banque américaine Mercury en offrant un « système d’exploitation financier » complet. L’objectif est clair : unifier des services fragmentés (comptabilité, paie, fiscalité) en une interface unique pour les entrepreneurs.
Le pari de Zazu repose sur une thèse de marché précise : la fintech africaine est devenue trop fragmentée. Alors que le marché regorge d’applications de prêt ou de paiement isolées, les PME manquent d’une vue d’ensemble.
« L’innovation fintech en Afrique s’est faite par silos », explique Rinse Jacobs. En réponse, Zazu propose une architecture « rebundled » (re-centralisée). Plutôt que de solliciter une licence bancaire coûteuse, la startup opère via un modèle de partenariat avec des banques agréées – notamment une banque commerciale en Afrique du Sud et la plateforme Chari au Maroc. Cette structure légère (asset-light) permet une expansion rapide tout en assurant la conformité réglementaire.
La composition du tour de table reflète la double ancrage de la startup. Outre Plug and Play, le capital provient de vétérans de l’écosystème comme Zachariah George (Launch Africa Ventures) et Ismael Belkhayat (fondateur de Chari), ainsi que de fondateurs de licornes européennes comme Qonto.
Ce mix d’investisseurs n’est pas anodin. Il combine l’expertise technique du « Banking-as-a-Service » européen avec une connaissance granulaire du terrain africain. Le choix de lancer simultanément en Afrique du Sud et au Maroc est également tactique : Zazu verrouille ainsi les deux économies les plus matures aux extrémités du continent, créant un corridor pour une expansion future vers l’Afrique de l’Ouest.
Le marché adressable est colossal. Selon la Société Financière Internationale (SFI), le déficit de financement pour les PME en Afrique subsaharienne dépasse les 330 milliards de dollars. Zazu vise les 50 millions de PME formelles et informelles qui constituent l’épine dorsale économique du continent mais restent mal servies par les banques traditionnelles, souvent trop rigides ou trop chères.
Avec plus de 1 000 entreprises sur liste d’attente et des intégrations déjà actives avec des géants du paiement comme Paystack et Ozow, Zazu prépare déjà le terrain pour une série d’amorçage (Seed) prévue début 2026. Si l’exécution suit, la startup pourrait bien devenir la couche infrastructurelle par défaut pour la nouvelle génération d’entrepreneurs africains.














