La fintech‑insurtech tunisienne PAYDAY vient de franchir un cap décisif. Fondée en 2024 par Mohamed Anouar Gadhoum et Shaher Abbas, la jeune pousse a levé 3 millions de dollars lors d’un tour de table en phase pré‑seed. Le tour a été mené par UGFS North Africa, avec la participation de TALYS Group et de BioProtection SA. Une somme considérable à ce stade de développement, qui valorise déjà PAYDAY à 3 millions de dollars et lui ouvre des perspectives de croissance à l’échelle régionale.
PAYDAY s’est donnée pour mission d’améliorer le bien-être financier des travailleurs à revenus faibles et moyens. Son approche repose sur une combinaison originale : le crédit adossé au salaire, couplé à des produits d’assurance micro-Takaful conformes aux principes de la finance islamique. À travers une plateforme numérique, la startup crée des ponts entre assureurs, banques, employeurs et salariés. L’objectif est simple mais ambitieux : rendre l’accès au crédit et à l’assurance plus éthique, plus rapide et plus inclusif.
L’adoption semble déjà au rendez-vous. En moins d’un an d’activité, PAYDAY affirme avoir traité plus de 10 000 transactions, pour un volume total dépassant les 8,2 millions de dinars tunisiens. Ces premiers résultats renforcent la crédibilité de son modèle hybride, au croisement de la finance responsable et de l’innovation technologique.
Avec cette levée de fonds, l’entreprise envisage d’évoluer vers un rôle d’agrégateur régional de services financiers. Elle souhaite intégrer davantage d’acteurs bancaires, d’institutions de microfinance et d’assureurs au sein de son écosystème, pour proposer une solution unifiée, pensée à la fois pour les entreprises et les salariés. Ce positionnement pourrait s’avérer stratégique dans une région où l’accès au crédit reste limité, et où la protection financière reste un luxe pour une majorité de la population.
Au-delà de la Tunisie, PAYDAY vise les marchés du Maghreb et de la région MENA, avec l’ambition de s’imposer comme un acteur incontournable de la finance éthique et digitale dans le monde arabe. Dans un contexte où l’exclusion financière reste un frein au développement, son modèle pourrait bien offrir une alternative crédible et adaptée aux besoins du terrain.














