Le Gabon a franchi une étape majeure dans l’adoption des paiements numériques. En 2024, la valeur des transactions effectuées via le mobile money a dépassé 4 000 milliards de francs CFA, confirmant la place centrale de ce service dans l’économie nationale. Selon les chiffres publiés par la Direction générale de l’Économie et la Politique fiscale, les deux principaux opérateurs, Airtel Money et Moov Money, ont traité 368,3 millions d’opérations, soit une progression de plus de 16 % en un an.
La croissance ne se limite pas au nombre de transactions : la valeur globale des échanges a bondi de 17,2 %, passant de 3 487 milliards en 2023 à 4 087 milliards en 2024. Cette performance propulse le Gabon parmi les marchés les plus dynamiques de l’Afrique centrale dans le domaine du paiement mobile.
L’analyse des flux montre que les dépôts constituent l’un des moteurs de cette progression. Leur volume a bondi de près de 26 %, atteignant 95,5 millions d’opérations pour une valeur de 1 669 milliards de francs CFA. Les retraits, segment historiquement dominant, ont eux aussi progressé, représentant 1 219 milliards de francs CFA avec 76,5 millions d’opérations. Mais la véritable surprise est venue des transferts internationaux dans la zone CEMAC, dont le volume a presque doublé en un an, soutenu par une amélioration de la sécurité et une réduction des coûts.
Les échanges à l’intérieur du pays continuent également de croître, tout comme les paiements liés au commerce en ligne. Les transactions pour l’achat de biens et services ont atteint 291 milliards de francs CFA en 2024, en hausse de 15 %, preuve de l’ancrage du mobile money dans le quotidien des consommateurs et commerçants gabonais.
Au-delà des chiffres, cette dynamique traduit un enjeu stratégique pour le pays. Le mobile money s’impose désormais comme un levier essentiel d’inclusion financière, particulièrement dans les zones rurales où les banques traditionnelles restent peu accessibles. Pour les autorités, il s’agit d’un outil clé de la transformation digitale et d’un moyen de réduire l’usage du cash, encore très répandu.
Avec une telle progression, le Gabon confirme son entrée dans une nouvelle phase de transition vers une économie plus numérique, où les usages financiers dématérialisés modifient en profondeur les habitudes d’épargne, de consommation et de transfert de fonds.














