les autorités marocaines ont intensifié leurs efforts pour réprimer l’utilisation des cryptomonnaies dans les transactions immobilières, en particulier pour l’achat de biens à l’étranger. Cette initiative vise à contrer les pratiques illégales de contournement des circuits financiers officiels et des réglementations en vigueur.
Depuis 2017, le Maroc interdit formellement l’utilisation des cryptomonnaies, telles que le Bitcoin, pour toute transaction financière. Malgré cette interdiction, l’adoption des actifs numériques a connu une croissance notable dans le pays. Selon une analyse de 2022, environ 3,1 % de la population marocaine possédait des cryptomonnaies, plaçant le Royaume en tête des pays d’Afrique du Nord en termes d’adoption.
Les autorités marocaines, notamment l’Office des Changes, ont été alertées par des partenaires internationaux concernant des transactions immobilières suspectes impliquant des citoyens marocains en Espagne et aux Émirats arabes unis. Ces transactions, effectuées en cryptomonnaies, permettraient aux acheteurs de contourner les canaux bancaires traditionnels et les autorisations requises, rendant difficile la traçabilité des fonds et potentiellement facilitant le blanchiment d’argent.
Les transactions en question sont souvent réalisées via des plateformes décentralisées exigeant peu ou pas de procédures de connaissance du client (KYC). Cette absence de vérification rigoureuse permet aux individus d’effectuer des achats immobiliers sans divulguer leur identité ou l’origine des fonds. De plus, l’utilisation de portefeuilles numériques et de plateformes peer-to-peer facilite ces transactions en dehors des circuits financiers réglementés.
Face à cette situation, l’Office des Changes a lancé des enquêtes approfondies pour identifier les individus impliqués dans ces transactions illégales. Bien que les méthodes précises d’investigation n’aient pas été divulguées, il est clair que les autorités collaborent étroitement avec des organismes internationaux pour retracer les flux financiers et appliquer les sanctions appropriées.
Parallèlement, la Banque centrale du Maroc, Bank Al-Maghrib, travaille depuis 2022 sur un projet de loi visant à réguler les actifs cryptographiques. Ce projet, élaboré en concertation avec des institutions telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, est actuellement en cours d’adoption. L’objectif est de mettre en place un cadre juridique clair pour encadrer l’utilisation des cryptomonnaies, protéger les investisseurs et préserver la stabilité financière du pays.














