Après plus de six années sans introduction en bourse notable dans le secteur technologique africain, le mois de novembre 2025 marque un tournant majeur. Deux entreprises du continent, toutes deux issues de la fintech, ont choisi les marchés africains pour entrer en bourse, levant au total 427 millions de dollars. En Afrique du Sud, Optasia a été introduite à la Bourse de Johannesburg le 4 novembre, récoltant 345 millions de dollars pour une valorisation estimée à 1,4 milliard. De son côté, Cash Plus, basée au Maroc, a levé 82,5 millions de dollars lors de son entrée sur la Bourse de Casablanca le 25 novembre, atteignant une valorisation de 550 millions.
Ces deux introductions sont les premières du genre depuis celles de Jumia et Fawry en 2019. Elles rompent avec une longue période d’attentisme sur les marchés publics africains, en partie liée aux incertitudes économiques mondiales et aux défis structurels des bourses locales. Leur succès indique que des fenêtres de sortie viables existent pour les investisseurs en capital-risque sur le continent, même sans passer par des places financières internationales comme New York ou Londres.
Le dynamisme ne se limite pas aux introductions en bourse. Sur le plan du financement privé, les start-ups africaines ont levé 162 millions de dollars en novembre 2025, portant le total annuel à 2,8 milliards de dollars. C’est près de 50 % de plus qu’en 2024 à la même période. Le nombre de jeunes pousses ayant levé plus d’un million de dollars est lui aussi en hausse, témoignant d’un appétit retrouvé pour les projets africains à fort potentiel. Si décembre suit la tendance des années précédentes, 2025 pourrait bien égaler, voire dépasser, le record établi en 2023.
Ce regain d’activité intervient dans un contexte où l’écosystème technologique africain cherche à s’affranchir de sa dépendance au financement étranger tout en renforçant ses structures locales. Les IPOs de novembre pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération d’introductions boursières sur le continent, en particulier dans les secteurs du numérique, de la fintech, de l’agritech ou de l’énergie. Elles envoient un message fort : il est désormais possible de croître, de lever, puis de se coter sans quitter l’Afrique.
Mais la suite dépendra de nombreux facteurs : stabilité réglementaire, liquidité des marchés, confiance des investisseurs institutionnels locaux, et performance des entreprises cotées. Pour l’instant, ces deux succès suffisent à raviver l’optimisme. Les regards sont désormais tournés vers 2026 : le moment est-il venu pour l’Afrique de devenir un véritable marché d’entrée et de sortie pour ses propres champions technologiques ?














