Yellow Card, la startup crypto fondée au Nigeria, tourne une page. Elle a annoncé la fin de ses services destinés aux particuliers pour se concentrer exclusivement sur les entreprises. Dès le 1er janvier 2026, la plateforme deviendra une infrastructure B2B à part entière, offrant des solutions de paiement transfrontalier, de gestion de trésorerie, de conservation d’actifs numériques et d’émission locale de stablecoins.
Les utilisateurs particuliers ont jusqu’au 31 décembre 2025 pour retirer leurs fonds. Passé ce délai, les comptes seront fermés, mais les fonds non réclamés resteront récupérables sur présentation de justificatifs.
Selon John Colson, directeur marketing de l’entreprise, il ne s’agit pas d’un reniement de la mission initiale, mais d’une intensification. Il explique que la croissance actuelle de Yellow Card est largement portée par les clients entreprises, alors que l’activité grand public ralentit, notamment à cause d’un environnement réglementaire plus strict et de la volatilité des cryptomonnaies.
Depuis son lancement en 2019, Yellow Card s’est imposée comme l’une des plateformes les plus dynamiques du continent africain, avec une présence dans 34 pays, plus de 3 milliards de dollars de transactions traitées en stablecoins en 2024, et plus de 30 000 entreprises clientes à l’échelle mondiale. L’année 2025 a vu l’entreprise nouer des partenariats de poids, notamment avec Visa, et s’étendre en Amérique latine et en Asie.
Cette décision de recentrage s’inscrit dans une tendance plus large du secteur crypto africain. D’autres acteurs comme Quidax ou Busha ont eux aussi choisi de délaisser le modèle B2C pour se repositionner sur le B2B, jugé plus stable et plus rentable. Dans un contexte où les monnaies locales se déprécient et où les transferts internationaux restent coûteux et complexes, les entreprises africaines se tournent de plus en plus vers les stablecoins comme solution de paiement fiable, rapide et économique.
Yellow Card veut devenir l’infrastructure discrète mais essentielle du commerce transfrontalier africain. En s’éloignant des utilisateurs individuels, la startup fait le pari que la prochaine révolution des paiements sur le continent viendra des besoins des entreprises — et non plus des particuliers.














