Lors du Forum Inclusif de la Fintech à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a exhorté les dirigeants africains à assumer la responsabilité de l’exode des compétences sur le continent. Il a souligné que de nombreux professionnels qualifiés quittent l’Afrique pour des opportunités à l’étranger en raison de défaillances systémiques internes. Kagame a insisté sur la nécessité pour les gouvernements africains de créer des environnements propices à la rétention des talents, plutôt que de blâmer ceux qui cherchent de meilleures perspectives ailleurs.
L’impact de cette fuite des cerveaux est particulièrement visible dans des secteurs clés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique compte moins de deux médecins pour 10 000 habitants, contre une moyenne mondiale de 15 pour 10 000. Des pays comme le Nigeria, le Ghana et le Kenya ont connu une exode massive de médecins et de professionnels de la technologie, attirés par de meilleures rémunérations, des économies stables et des conditions de travail améliorées à l’étranger.
Le président Kagame a également mis en évidence l’importance de l’inclusion financière, en particulier pour les femmes dans le secteur informel, et a appelé à une harmonisation réglementaire pour favoriser la croissance des entreprises et l’innovation à travers le continent. Il a souligné que les contraintes financières ne devraient pas servir d’excuse à l’inaction, exhortant les dirigeants à utiliser les ressources de manière plus efficace et à se soutenir mutuellement dans le développement.
Pour contrer la fuite des cerveaux, plusieurs initiatives ont été mises en place. Par exemple, Africarecruit, une initiative conjointe du NEPAD et du Commonwealth Business Council, vise à recruter des professionnels africains expatriés pour qu’ils reprennent un emploi en Afrique après avoir travaillé à l’étranger. De plus, l’Organisation mondiale de la santé a adopté en 2010 le Code mondial de pratique sur le recrutement international des personnels de santé, un cadre politique pour un recrutement éthique des professionnels de la santé.
Cependant, certains dirigeants adoptent une approche différente. Le président kényan William Ruto encourage activement les jeunes Kényans à émigrer pour trouver des opportunités d’emploi à l’étranger, dans le cadre d’une politique publique visant à résoudre les problèmes de chômage et économiques. Cette politique suscite des inquiétudes quant à son impact à long terme sur le développement du pays, bien que les transferts de fonds de la diaspora contribuent de manière significative à l’économie kényane.














