Au Gabon, les autorités ont pris une décision spectaculaire en décidant de suspendre l’accès aux réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire, une mesure entrée en vigueur le 17 février 2026, a annoncé la Haute Autorité de la Communication (HAC) dans un communiqué relayé par les médias nationaux. Cette suspension est prononcée « jusqu’à nouvel ordre », sans que ne soit précisée de date de fin.
Le régulateur justifie cette décision par la nécessité de garantir la sécurité nationale et la cohésion sociale, face à la prolifération de contenus jugés « diffamatoires, haineux, inappropriés ou susceptibles de troubler l’ordre public ». Selon la HAC, ces publications enfreignent la loi gabonaise sur la communication et pourraient mettre en péril la stabilité des institutions.
Bien que l’autorité n’ait pas nommé précisément toutes les plateformes concernées, plusieurs observateurs internationaux et groupes de surveillance d’Internet, comme NetBlocks, indiquent que des services majeurs tels que Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), TikTok et YouTube sont touchés par les restrictions. Toutefois, certaines plateformes restent partiellement accessibles selon des témoignages recueillis sur le terrain.
Cette mesure intervient dans un contexte politique marqué par une montée des tensions sociales et une contestation croissante depuis l’élection du président Brice Oligui Nguema, élu en avril 2025 après avoir dirigé un coup d’État en 2023. Alors que des grèves, notamment dans l’éducation, paralysent le pays depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux sont devenus un espace important pour partager des informations, organiser des mobilisations et exprimer des critiques.
La décision du régulateur suscite toutefois de vives réactions au Gabon et à l’étranger. Divers acteurs de la société civile dénoncent une restriction injustifiée de la liberté d’expression, qui risque de freiner la communication, l’activité économique numérique et l’accès à l’information pour des milliers d’utilisateurs. De nombreux Gabonais, en particulier les jeunes et les petites entreprises, utilisent ces plateformes comme lieux d’échanges professionnels, d’entrepreneuriat et de participation civique.














