Les autorités sénégalaises, en coordination avec Interpol et dans le cadre d’une vaste opération de lutte contre la cybercriminalité, ont réussi à déjouer une tentative de fraude informatique visant à détourner 7,9 millions de dollars (environ 4,85 milliards de francs CFA) d’une grande compagnie pétrolière du pays. Cette opération a été rendue publique le 22 décembre 2025 par l’organisation policière internationale.
Selon le communiqué d’Interpol, les cybercriminels avaient réussi à infiltrer les systèmes de messagerie interne de l’entreprise en usurpant l’identité de cadres dirigeants, une technique connue sous le nom de fraude au président (BEC – Business Email Compromise). Ils ont ainsi tenté d’autoriser un virement bancaire frauduleux à hauteur de 7,9 M$, mais l’intervention rapide des forces de l’ordre et la coopération internationale ont permis de bloquer le transfert et de geler les comptes destinataires avant tout retrait.
Cette action s’inscrit dans le cadre d’une opération coordonnée entre 19 pays africains, menée entre fin octobre et fin novembre 2025. L’initiative a conduit à l’arrestation de 574 suspects, à la saisie d’environ 3 millions de dollars et à la suppression de plus de 6 000 liens malveillants sur Internet, selon Interpol. Au total, les pertes financières évitées ou identifiées durant cette campagne dépassent les 21 millions de dollars à l’échelle continentale.
Le directeur de la lutte contre la cybercriminalité chez Interpol, Neal Jetton, a souligné que « l’ampleur et la sophistication des cyberattaques en Afrique s’accélèrent, en particulier contre des secteurs stratégiques comme la finance et l’énergie ». Cette alerte met en lumière la vulnérabilité croissante des entreprises face à des attaques ciblées, tout en soulignant l’importance de renforcer les capacités locales de détection et de réponse.
L’incident intervient dans un contexte où les entreprises africaines, notamment dans des secteurs à haute valeur ajoutée comme l’énergie, deviennent des cibles privilégiées pour les attaques sophistiquées visant à exploiter des failles humaines et techniques. Il illustre également l’utilité d’une coopération internationale structurée pour contrer des menaces transfrontalières.














