Le rapport sur le développement économique en Afrique 2024, publié récemment par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), met en lumière le potentiel transformateur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon le rapport, la mise en œuvre complète de la ZLECAf pourrait créer un marché de 3,4 billions de dollars, offrant ainsi une opportunité significative pour stimuler la croissance économique et le développement durable sur le continent.
Près de la moitié des pays africains dépendent du pétrole, du gaz ou des minéraux pour au moins 60 % de leurs revenus d’exportation, les rendant vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. Le rapport recommande de diversifier les exportations et de renforcer le commerce intra-africain pour créer des sources de revenus plus stables.
Les lacunes en matière d’infrastructures dans les secteurs du transport, de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication (TIC) rendent le commerce en Afrique 50 % plus coûteux que la moyenne mondiale, limitant ainsi la compétitivité, en particulier pour les nations enclavées. Investir dans la logistique et la connectivité numérique est essentiel pour libérer le potentiel de croissance.
Les PME représentent 80 % de l’emploi en Afrique mais font face à des défis tels que des infrastructures faibles, la volatilité des devises et un accès limité au financement. Le rapport suggère d’élargir l’accès au crédit, de mettre en place des outils de gestion des risques et de renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales pour améliorer leur résilience.
Le commerce intra-africain ne représente actuellement que 16 % des exportations totales du continent, la majorité des échanges étant dirigée vers l’extérieur. La mise en œuvre complète de la ZLECAf pourrait inverser cette tendance en créant un marché intégré de 3,4 billions de dollars. Pour réaliser ce potentiel, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures en élargissant les réseaux de transport, d’énergie et de TIC, de rationaliser les politiques et processus commerciaux, tels que les douanes, et de soutenir l’industrialisation par le biais d’incitations fiscales et de prêts à taux d’intérêt abordables pour stimuler la production manufacturière et régionale.
Le rapport de la CNUCED propose des stratégies clés pour transformer les défis en opportunités :
- Incitations à l’industrialisation : offrir des allégements fiscaux, réduire les coûts du capital et proposer des prêts à taux d’intérêt abordables aux entreprises investissant dans la fabrication et la production pour les marchés régionaux.
- Mécanismes de gestion des risques : établir des fonds régionaux et des systèmes d’alerte précoce pour les risques liés au commerce, en regroupant les ressources publiques et privées pour la planification d’urgence et l’assurance.
- Facilités de réponse aux crises : créer des mécanismes de financement du commerce pour soutenir les entreprises affectées par les chocs mondiaux, les aidant à se tourner vers les marchés régionaux et à maintenir les emplois.














