L’écosystème des startups technologiques en Afrique a connu une année difficile en 2023, avec une chute de 27,8 % des investissements totaux, qui sont passés de plus de 3 milliards de dollars en 2022 à 2,4 milliards de dollars l’année dernière. Cette tendance est le reflet des impacts de la pénurie de capital qui sévit à l’échelle mondiale et qui commence à se faire sentir sur le continent africain.
Ces données proviennent de la neuvième édition du rapport annuel sur le financement des startups technologiques africaines publié par Disrupt Africa. Ce rapport, réalisé en partenariat avec Flourish Ventures, AAIC Investment et Atlantica Ventures, est désormais disponible gratuitement pour tous, dans le cadre d’une initiative de mise en libre accès.
Alors que l’année 2022 avait été exceptionnelle pour le secteur technologique africain, enregistrant pour la première fois de son histoire un financement total dépassant les 3 milliards de dollars, 2023 a marqué un ralentissement significatif. Au cours de l’année, un total de 406 startups ont réussi à lever un montant cumulé de 2,4 milliards de dollars.
Bien que cette somme demeure la troisième plus importante enregistrée dans le secteur, et la deuxième meilleure en termes de capital total obtenu, il s’agit néanmoins d’une diminution substantielle par rapport à 2022. Le nombre de startups financées a chuté de 35,9 % par rapport aux 633 enregistrées l’année précédente, tandis que le montant total a décliné de 27,8 %. De plus, le nombre d’investisseurs actifs a baissé de près de 50 %, et l’activité de fusions et acquisitions a également connu une diminution significative.
Cette année marque la première fois depuis 2016 que le secteur, en pleine expansion ces dernières années, enregistre une baisse. Néanmoins, il est important de noter que la baisse des financements, inférieure aux prévisions de 50 % formulées plus tôt en 2023, est une amélioration par rapport à la situation prévue.
L’Afrique, tout comme le reste du monde, a été touchée par ce que l’on appelle le « funding winter » mondial, marqué par une raréfaction du capital-risque et une réduction significative du financement. De nombreuses startups de premier plan ont été contraintes de suspendre leurs activités ou de réorganiser leurs opérations pour survivre.
En ce qui concerne les pays leaders en matière de financement, le Nigeria, l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Kenya sont toujours en tête, cumulant une part plus importante des financements que l’année précédente. Toutefois, le Nigeria a connu une diminution significative de ses investissements, enregistrant une baisse de 59 % pour atteindre un peu moins de 400 millions de dollars. Il se classe désormais en quatrième position, derrière le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud, bien qu’il demeure le marché avec le plus grand nombre de startups financées. D’autres pays africains ont également vu leurs startups obtenir des financements.
Le secteur des technologies financières a été, une fois de plus, le plus attractif pour les investisseurs en 2022, avec plus de startups recevant des fonds que tout autre secteur. Cependant, comme de nombreux autres secteurs, il a connu une forte baisse des investissements, enregistrant une chute de 33,4 % pour atteindre 964 millions de dollars.
Malgré cette année difficile, les experts restent optimistes quant à l’avenir du secteur technologique en Afrique. Ils estiment que l’hiver financier se transformera bientôt en printemps, avec une augmentation probable des investissements au cours des 12 à 18 prochains mois, bien que peut-être pas au même niveau que celui enregistré en 2022.














