L’heure est grave, mais l’ambition reste intacte. Le Collectif des Startups de Côte d’Ivoire (CI20) a lancé un appel retentissant depuis Abidjan le 20 juin 2025 : « Il est temps de faire émerger nos propres champions nationaux ». Cette déclaration, portée par des figures majeures de la tech locale comme Alex Degny, Lamine Barro, Ange Balma et Jean Delmas Ehui, résonne comme un plaidoyer pour la souveraineté numérique ivoirienne.
Le mouvement s’est cristallisé lors de la session “CI20 Onboarding”, qui a aussi marqué le lancement de la plateforme CI20 Connect, conçue comme un guichet unique pour les startups ivoiriennes. L’objectif ? Favoriser la collaboration, renforcer les synergies internes et surtout renverser la domination étrangère sur des secteurs clés comme la Fintech, la FoodTech ou l’EdTech.
Alex Degny, président du CI20 et cofondateur de Tajiri, a dressé un constat sans appel : 75 % des startups ivoiriennes échouent avant trois ans. En cause, un triptyque toxique : absence de financement local, manque de structuration interne, et désintérêt généralisé des acteurs ivoiriens pour leurs propres solutions. Il dénonce un écosystème où des startups étrangères, portées par des capitaux extérieurs, supplantent systématiquement les initiatives locales, malgré une technologie parfois équivalente.
CI20 Connect entend inverser cette dynamique. Avec près de 80 startups en cours d’intégration, la plateforme offre un parcours en 17 étapes, de la structuration juridique à la mise en relation B2B, en passant par le financement et la montée en compétences. Elle permet aussi une cartographie précise de l’écosystème, accessible via un annuaire national, destiné aux bailleurs, institutions et investisseurs.
Lamine Barro, CEO d’Etudesk, rappelle que la définition d’une startup selon le Startup Act repose sur l’innovation — numérique ou non — et non sur un statut formel. Ce message est central : une startup peut être locale, agile et efficace, sans avoir besoin d’un investisseur étranger pour prospérer.
Le message du CI20 à la diaspora est limpide : revenez construire l’écosystème ivoirien avec nous, avec des outils, un réseau et un parcours balisé pour réussir. L’ambition est d’atteindre 300 membres formalisés d’ici fin 2025, pour faire émerger enfin des champions « faits maison ».














