Après un mois de septembre exceptionnel porté par plusieurs méga-deals, le financement des startups dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) a connu en octobre un ralentissement attendu. Le montant total levé a atteint 784,9 millions de dollars, répartis sur 43 opérations, soit une baisse de 77 % par rapport au record de 3,5 milliards enregistré le mois précédent. Cette contraction mensuelle, loin d’être un signe d’essoufflement, reflète davantage un retour à un rythme plus soutenable.
En réalité, comparé à octobre 2024, le montant levé en octobre 2025 représente une envolée spectaculaire de 395 %. Ce bond illustre une confiance croissante des investisseurs dans le potentiel technologique de la région, même si la structure des investissements évolue. Le financement par la dette a joué un rôle déterminant ce mois-ci, avec seulement quatre deals représentant à eux seuls plus de 70 % du total investi. Ce recours croissant à la dette, notamment dans les phases avancées des startups, marque une évolution vers des modèles de croissance plus matures, en particulier pour les entreprises intensives en capital.
Les Émirats arabes unis se sont de nouveau imposés comme l’écosystème le plus financé du mois, largement grâce à une levée de dette de 525 millions de dollars réalisée par Property Finder. À l’inverse, l’Arabie saoudite, qui dominait au troisième trimestre, recule en deuxième position avec 119,3 millions levés. L’Égypte, quant à elle, a signé un retour remarqué sur la scène régionale, avec 33,3 millions de dollars levés en octobre, soit plus que l’ensemble du financement obtenu durant tout le troisième trimestre.
Sur le plan sectoriel, la proptech a supplanté la fintech en tête du classement, en grande partie grâce au tour de table de Property Finder. Les startups SaaS arrivent en deuxième position avec 60 millions de dollars, suivies de près par un deal unique dans le secteur du jeu vidéo, à hauteur de 41,6 millions. Fait notable, la fintech, traditionnellement secteur dominant de la région, tombe à la neuvième place en termes de montant levé, bien qu’elle reste la plus active en nombre de transactions.
La dynamique du mois a surtout été portée par les jeunes pousses. Les investissements en amorçage et en pré-série A ont représenté l’essentiel du nombre de deals, tandis que les tours de financement plus avancés, notamment les séries B, ont été plus rares. Seules quelques opérations ont dépassé les 50 millions de dollars, confirmant une concentration des très gros tickets dans quelques entreprises.
Mais ce tableau reste contrasté. Les disparités de genre dans l’accès au capital se creusent : les startups fondées par des femmes n’ont capté que 4,5 millions de dollars au total, soit à peine 7 % de la somme levée, répartie sur trois transactions. Ce déséquilibre persistant montre que, malgré la croissance globale, l’inclusivité de l’écosystème reste un défi majeur.
Octobre marque donc un ralentissement logique après un mois hors norme. Mais loin d’un repli, il dessine les contours d’un écosystème qui s’équilibre, se structure et confirme son attractivité sur le long terme. À ce rythme, l’année 2025 pourrait bien se conclure comme la meilleure jamais enregistrée pour la tech régionale.














