Spiro, la startup africaine de mobilité électrique qui opère aujourd’hui dans sept pays du continent, voit grand pour l’année 2025. L’entreprise ambitionne de générer 200 millions de dollars de revenus, soit dix fois plus que les 20 millions atteints en 2024. Cet objectif s’appuie sur un modèle économique fondé sur l’abonnement quotidien à ses batteries électriques, un système qui a déjà fait ses preuves à grande échelle.
La clé de cette croissance repose sur un dispositif simple mais innovant : au lieu d’acheter leurs véhicules, les conducteurs échangent gratuitement leur moto à essence contre une électrique, sans paiement initial. En échange, ils paient un forfait journalier pour accéder à des batteries rechargées via les stations d’échange de Spiro. Après avoir parcouru 150 000 kilomètres, le véhicule devient leur propriété. Ce système a permis de créer un revenu récurrent et stable pour l’entreprise, tout en offrant une solution accessible aux populations locales. Néanmoins, environ 40 % des véhicules récupérés sont trop vétustes pour être réutilisés, et finissent par être mis au rebut.
Pour accompagner cette expansion, Spiro mise sur la production locale. Une première usine de montage de véhicules et batteries a été inaugurée à Ogun, au Nigeria, à l’été 2024. Ce site industriel a pour ambition de produire jusqu’à 100 000 unités par an, incluant notamment de nouveaux modèles de tricycles électriques. Ce développement au Nigeria s’inscrit dans une stratégie plus large de déploiement industriel avec d’autres usines prévues au Bénin et au Togo. L’entreprise veut réduire sa dépendance vis-à-vis des importations chinoises tout en améliorant son efficacité opérationnelle.
Les ambitions de Spiro ne sont pas seulement économiques. L’entreprise a été récemment sélectionnée dans le cadre du programme « Regional Platforms for Climate Projects Pipeline », qui recense les initiatives climatiques africaines les plus prometteuses. Ce soutien reconnaît le rôle de Spiro dans la transition énergétique du continent. À ce jour, plus de 35 000 motos électriques ont été déployées et plus de 20 millions de recharges ont été effectuées via son réseau de stations.
Au-delà de la technologie, Spiro entend avoir un impact social tangible. En plus de ses efforts pour déployer un réseau durable, elle investit dans la formation professionnelle et l’emploi local. Près de 1 000 personnes ont été embauchées dans ses usines, dont une large proportion de femmes. Son initiative de formation technique, la Spiro Academy, vise à doter les jeunes Africains de compétences en maintenance, électronique et ingénierie appliquée.
La feuille de route de Spiro est claire : déployer deux millions de véhicules d’ici 2030, réduire drastiquement les émissions liées aux transports et faire émerger un modèle africain de mobilité propre, localement produit et opérable sans infrastructure électrique traditionnelle. Pour y parvenir, l’entreprise prépare une nouvelle levée de fonds de 50 millions de dollars afin de renforcer ses capacités de production et étendre son réseau à d’autres pays, notamment au Kenya, au Rwanda et en Ouganda, où les gouvernements soutiennent activement l’électrification des transports.
À travers cette ambition industrielle, environnementale et sociale, Spiro s’impose progressivement comme l’un des leaders africains de la transition énergétique. Son modèle, à la fois inclusif et durable, pourrait bien inspirer d’autres acteurs du continent. L’année 2025 s’annonce comme un tournant stratégique pour cette entreprise qui veut prouver qu’une révolution verte est non seulement possible, mais économiquement viable en Afrique.














