Le Maroc connaît un coup d’arrêt dans sa dynamique d’investissement en ce début d’année 2025. Alors qu’il avait terminé l’année 2024 sur une note prometteuse avec près de 70 millions de dollars levés par ses startups, le royaume quitte le top 5 africain des écosystèmes les plus attractifs pour les investisseurs au premier semestre de 2025. Cette chute dans le classement établi par la plateforme Africa The Big Deal illustre un glissement progressif vers l’arrière-plan, au profit de pays en pleine émergence comme le Sénégal ou le Ghana.
Les données semestrielles publiées mi-juillet montrent un rééquilibrage régional inédit. Le Sénégal s’impose désormais en cinquième position avec 148 millions de dollars levés, principalement grâce à un financement massif de 137 millions obtenu par Wave Mobile Money. Le Ghana, avec 39 millions, et le Togo, fort de 30 millions, s’affirment comme des concurrents sérieux, au même titre que la Côte d’Ivoire et la Tanzanie qui progressent également.
Le Maroc, de son côté, reste actif mais semble marquer le pas. Africa The Big Deal ne fournit pas de montant global pour le royaume sur cette période, mais note que dix levées d’au moins 100 000 dollars ont été enregistrées entre janvier et juin. Cela témoigne d’une continuité de l’activité, mais qui ne suffit plus à maintenir le pays parmi les grands leaders du continent.
Le contraste est d’autant plus frappant que l’écosystème africain dans son ensemble enregistre une croissance spectaculaire. Le premier semestre 2025 a vu les startups africaines lever 1,35 milliard de dollars, une hausse de 78 % par rapport à la même période en 2024. L’Afrique du Sud (344 millions), l’Égypte (339 millions), le Kenya (227 millions) et le Nigeria (176 millions) composent toujours le quatuor de tête, confirmant leur domination historique, même si des mouvements sont perceptibles au sein de ce groupe.
L’absence du Maroc dans ce peloton de tête suscite des interrogations sur les leviers à activer pour relancer sa dynamique. Dans un contexte où les deals majeurs se concentrent dans une poignée de pays, l’enjeu pour le royaume est de renforcer son attractivité en misant sur l’innovation, l’inclusion technologique et des dispositifs de financement mieux ciblés. Car au-delà des chiffres, c’est bien la capacité à capter l’attention des investisseurs internationaux qui fera la différence dans les prochaines années.














