Le Maroc connaît un essor remarquable dans le financement de ses startups, atteignant près de 95 millions de dollars en 2024, selon le tout nouveau Morocco Start-up Ecosystem Report, fruit d’une collaboration entre UM6P Ventures et Start-up Researcher. Ce bond spectaculaire — presque le triple du financement de l’année précédente — repositionne le Royaume comme un pôle technologique émergent au sein du continent africain.
Classé 6ᵉ écosystème d’investissement en Afrique et 88ᵉ au niveau mondial, le Maroc renforce son attractivité grâce à Casablanca, sa capitale économique, qui concentre la majorité des jeunes pousses. Toutefois, le rapport souligne une sous-représentation des femmes fondatrices, malgré un vivier de talents indéniable.
Le boom des levées de fonds est en grande partie attribué à un tour de table record de 48 millions $ pour Nuitée, une startup de la travel-tech, ainsi qu’à des investissements notables dans la fintech et l’agritech, qui ont représenté 65 % des montants levés. Pour Yassine Laghzioui, PDG de UM6P Ventures, cette dynamique « illustre le potentiel inexploité du Maroc sur la carte tech africaine ».
Malgré cette envolée, des failles structurelles menacent la durabilité de cet écosystème. Le rapport déplore le manque d’investissements locaux en séries A et B, forçant les start-up en croissance à chercher des fonds à l’étranger. Résultat : seulement quatre exits significatifs en trois ans, freinant la réinjection de capitaux et refroidissant l’intérêt des investisseurs.
Un investisseur lié au programme 212 Founders alerte : « Le Maroc risque de devenir un vivier de jeunes start-up sans perspectives de scalabilité. Faute de soutien structurant, nos talents s’exileront vers Lagos, Nairobi ou Le Caire. »
Pour éviter cet écueil, le rapport recommande d’activer rapidement le Fonds Mohammed VI pour l’investissement afin de co-investir dans des tours avancés. Il suggère également la création de fonds sensibles au genre, des incitations fiscales pour les fusions-acquisitions, et une réforme du cadre des introductions en bourse.
Les experts appellent enfin à des investissements plus courageux dans des secteurs d’avenir comme l’intelligence artificielle, les technologies climatiques et le deep tech, des domaines dans lesquels le Maroc possède des avantages concurrentiels notables.














