Village Capital, organisation mondiale à but non lucratif reconnue pour son appui aux startups à fort impact dans les marchés émergents, a annoncé la création d’un fonds de 4 millions de dollars dédié aux jeunes entreprises africaines. Cette initiative, baptisée Africa Ecosystem Catalysts Facility (AECF), s’inscrit dans un partenariat stratégique avec la banque de développement néerlandaise FMO et l’Agence néerlandaise pour l’entreprise (RVO).
L’objectif de l’AECF est clair : soutenir des startups locales proposant des solutions concrètes aux défis majeurs du continent, notamment la mobilité économique et la résilience climatique. Mais au lieu d’appliquer une logique d’investissement descendante, Village Capital a opté pour une approche ancrée dans les réalités du terrain. Cinq organisations locales de soutien à l’entrepreneuriat ont été sélectionnées comme partenaires du fonds : Reach for Change au Ghana, Africa Fintech Foundry et la Fate Foundation au Nigeria, ainsi qu’Anza Entrepreneurs et Ennovate Ventures en Tanzanie.
Ces structures ne sont pas de simples intermédiaires. Elles joueront un rôle actif dans la détection des projets, l’évaluation des dossiers et la construction d’écosystèmes entrepreneuriaux durables. Pour Nathaly Botero, responsable de l’innovation chez Village Capital, ce choix d’impliquer des acteurs enracinés localement permet de prendre des décisions plus pertinentes, mieux informées, et de réduire les risques liés à l’investissement dans des marchés encore sous-capitalisés.
Depuis sa création en 2009, Village Capital a levé plus de 7 milliards de dollars pour financer près de 1 800 startups dans le monde. En 2024, l’organisation avait déjà investi 850 000 dollars dans deux jeunes entreprises agritech africaines, Aquarech au Kenya et Coamana au Nigeria. L’AECF vient renforcer cette dynamique, en apportant un financement structurant à des projets à fort potentiel, souvent écartés des circuits traditionnels de capital-risque.
Avec ce fonds, l’enjeu n’est pas seulement de combler un déficit de financement, mais aussi de rééquilibrer les rapports de force au sein des écosystèmes locaux. En plaçant les organisations africaines au cœur du processus décisionnel, l’AECF mise sur une redistribution plus équitable du pouvoir, au service d’un développement entrepreneurial plus inclusif et plus durable.














