Alors que l’économie numérique africaine est appelée à croître de 5,2 % du PIB en 2025 à 8,5 % en 2030, un rapport publié par SAP cette semaine met en lumière un obstacle majeur à cette transformation : le manque de compétences en intelligence artificielle (IA).
Intitulé « Africa’s AI Skills Readiness Revealed », ce rapport révèle une réalité sans appel : 90 % des entreprises interrogées ont déjà subi les conséquences d’un déficit de compétences en IA, avec des projets retardés, des initiatives d’innovation échouées et des opportunités non saisies. L’étude a été menée auprès d’entreprises de taille moyenne et de grands groupes basés dans les trois pôles majeurs de développement de l’IA sur le continent : le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud.
Le rapport indique que six entreprises sur dix considèrent les compétences en IA comme « extrêmement importantes » pour leur réussite. La priorité est donnée aux compétences en développement d’IA (85 %) et en IA générative (83 %), témoignant de la volonté des entreprises de s’aligner sur les dernières avancées technologiques.
Pour pallier ces lacunes, deux tiers des entreprises mettent en place des programmes de formation et de reconversion professionnelle axés sur l’IA. Toutefois, bien que 94 % des organisations offrent des opportunités de formation mensuelles, l’allocation budgétaire dédiée à ces efforts est en baisse par rapport à 2023, ce qui pourrait compromettre les progrès à long terme.
Fait notable, la compétence la plus recherchée en Afrique reste la cybersécurité, citée comme cruciale par 86 % des entreprises, contre 63 % en 2023. Cette montée en flèche s’explique par l’extension rapide de l’économie numérique et la nécessité de protéger des millions de nouveaux utilisateurs africains intégrés via des initiatives publiques et privées.
Le rapport met également en lumière des évolutions marquées dans les attentes des employeurs. En 2025, la capacité à s’adapter et le coût des talents sont devenus les principaux critères de sélection, reléguant les seules compétences techniques au second plan. De plus, 80 % des organisations identifient la gestion du travail hybride ou à distance comme le principal défi en matière de talents, contre seulement 32 % en 2023.














