Ce jour marque une avancée symbolique dans la gouvernance numérique mondiale, alors que les Nations unies lancent officiellement le tout premier “Digital Cooperation Day”. Organisé en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale à New York, cet événement inédit vise à renforcer la coopération numérique mondiale, tout en plaçant les priorités de l’Afrique et du Sud global au centre du débat.
Portée par le Bureau des technologies numériques émergentes des Nations unies (ODET), cette journée se veut un moment de réflexion mais aussi d’action. Elle intervient un an jour pour jour après l’adoption du “Global Digital Compact”, cadre international ambitieux destiné à garantir une transformation numérique ouverte, équitable et sécurisée. Plusieurs dirigeants africains y participent, affirmant le rôle croissant du continent dans la définition des règles du jeu numériques.
Amandeep Singh Gill, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la technologie, a souligné que l’Afrique est aujourd’hui incontournable dans l’agenda numérique mondial. Alors que la digitalisation progresse rapidement sur le continent, notamment grâce à l’émergence d’écosystèmes technologiques dynamiques et d’une jeunesse ultra-connectée, il devient impératif de soutenir cette transformation par des politiques inclusives et durables.
Des intervenants de premier plan, comme la Nigériane Abisoye Coker-Odusote, responsable nationale de l’identité numérique, et le diplomate kényan Bitange Ndemo, ont rappelé que les défis restent nombreux : connectivité encore limitée, coût élevé de l’accès, infrastructures inégalement réparties. Mais ils ont aussi insisté sur les opportunités immenses à saisir, notamment en matière d’intelligence artificielle, de fintech, d’identité numérique et de gouvernance des données.
Selon les derniers chiffres de l’Union internationale des télécommunications, plus de 300 millions d’Africains se sont connectés à Internet au cours des cinq dernières années. Pourtant, le continent reste en retrait en matière d’accès abordable et d’infrastructure fiable. Des initiatives comme le Global Digital Compact pourraient contribuer à combler ces écarts, en misant sur la connectivité universelle et le renforcement des capacités locales.
L’ONU insiste : il ne s’agit plus seulement d’établir des principes, mais bien de les traduire en actions concrètes. Avec sa population jeune, ses hubs technologiques en pleine effervescence et sa volonté affirmée de jouer un rôle global, l’Afrique n’est pas simplement bénéficiaire de la coopération numérique. Elle est en passe d’en devenir l’un des moteurs.














