Alors que de plus en plus d’enfants africains accèdent à Internet à un rythme sans précédent, la question de leur sécurité en ligne devient cruciale. C’est dans ce contexte que l’UNICEF et la GSMA ont officiellement lancé, à Kigali lors du salon MWC25, la toute première Taskforce africaine dédiée à la protection de l’enfance dans le monde numérique. Cette initiative inédite marque une étape déterminante vers la mise en place d’un cadre panafricain coordonné pour garantir les droits, la sécurité et le bien-être des jeunes sur Internet.
Lancée comme une plateforme multi-acteurs, la Taskforce sur la protection des enfants en ligne (Child Online Protection – COP) rassemble des représentants des gouvernements, du secteur privé, d’organisations internationales, de la société civile, ainsi que des jeunes eux-mêmes. Son objectif est de traduire les principes établis dans le livre blanc publié en juin 2025 — coécrit par la GSMA et l’UNICEF — en actions concrètes à l’échelle du continent. Le document plaidait pour une mobilisation renforcée autour d’un numérique plus sûr pour les enfants, tout en soulignant l’urgence d’une approche africaine, adaptée aux réalités locales.
Les enjeux sont multiples. Dans un environnement numérique dominé par le mobile, les jeunes Africains font face à des risques croissants : cyberharcèlement, escroqueries en ligne, désinformation, exposition à des contenus violents ou inappropriés. Le déploiement accéléré de l’intelligence artificielle et la popularisation des réseaux sociaux viennent complexifier la situation. La création de cette Taskforce apparaît donc comme une réponse stratégique et coordonnée, visant à placer la sécurité des enfants au cœur de la transformation digitale du continent.
La liste des partenaires impliqués est aussi impressionnante qu’éclectique. Des entreprises comme MTN, Orange, Vodacom, Safaricom ou encore Paramount Africa côtoient des acteurs internationaux tels qu’INTERPOL, l’Internet Watch Foundation, ou encore le Centre international pour les enfants disparus et exploités. Fait marquant, de jeunes représentants venus du Nigeria et du Rwanda prennent part activement aux discussions, afin d’ancrer la voix de la jeunesse dans l’élaboration des politiques publiques.
Pour Etleva Kadilli, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et australe, ce projet incarne une vision forte : celle d’un numérique qui protège, mais aussi qui éduque, qui connecte et qui donne des opportunités. Quant à Caroline Mbugua, directrice des politiques publiques de GSMA Afrique, elle insiste sur le rôle moteur que peut jouer ce dispositif pour faire de l’Afrique un leader mondial de la gouvernance numérique centrée sur l’enfant.
La mise en place de cette Taskforce représente un signal fort. Elle démontre qu’il est possible, à l’échelle d’un continent, d’allier développement technologique et responsabilité sociale. En intégrant les enfants et les jeunes dans le processus décisionnel, elle ouvre la voie à une gouvernance numérique inclusive, éthique et tournée vers l’avenir.














