Du 12 au 14 novembre 2025, Conakry deviendra l’épicentre du numérique africain avec l’ouverture du Transform Africa Summit, placé cette année sous le thème évocateur « AI for Africa: innovate locally, impact globally ». Pour la première fois, ce grand rendez-vous panafricain se tiendra en Afrique de l’Ouest, un choix hautement symbolique que la ministre guinéenne de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou, considère comme un tournant historique pour son pays. Selon elle, accueillir cet événement permet à la Guinée de mettre en avant sa vision audacieuse à travers le programme « Simandou 2040 », de valoriser son écosystème numérique en pleine croissance et de se positionner comme un futur hub technologique sur le continent.
Le sommet s’annonce comme un moment stratégique dans la réflexion sur le rôle de l’intelligence artificielle en Afrique. Il réunira chefs d’État, ministres, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et start-up autour de thématiques clés telles que la gouvernance des données, l’inclusion numérique, la protection des données, la formation des talents, l’éthique de l’IA et son application dans des secteurs aussi variés que la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’énergie.
Si l’Afrique regorge d’initiatives innovantes, notamment dans les écosystèmes de Nairobi, Kigali, Accra ou Lagos, elle reste encore marginale dans l’économie mondiale de l’intelligence artificielle. À peine 3 % des talents IA mondiaux sont issus du continent, selon les chiffres de l’Union africaine. C’est justement cette situation que Lacina Koné, directeur général de Smart Africa, veut transformer en opportunité. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas simplement une technologie mais un levier de souveraineté numérique, capable de conduire l’Afrique vers une prospérité durable, à condition de poser des cadres éthiques solides et des politiques inclusives.
Le sommet de Conakry s’articulera autour de trois priorités claires : former une nouvelle génération de spécialistes africains de la donnée, créer un environnement réglementaire favorable à une IA éthique et responsable, et stimuler les investissements pour permettre aux innovations africaines de franchir les frontières. L’un des défis majeurs à relever reste la fragmentation des initiatives : trop souvent dispersées, les actions doivent désormais s’articuler autour de stratégies régionales cohérentes et durables.
Lancé en 2013 à Kigali par sept chefs d’État africains, le programme Smart Africa compte aujourd’hui plus de quarante pays membres, représentant plus d’un milliard de citoyens. Son objectif est ambitieux : faire émerger un marché numérique africain unifié d’ici 2030, en rendant la connectivité plus accessible et en renforçant les infrastructures numériques locales. À travers le Transform Africa Summit, l’Alliance donne une dimension concrète à cette ambition.














