À Dakar, lors du sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok, une alerte claire a été lancée : il est temps pour les gouvernements et les plateformes technologiques de passer d’une stratégie réactive à une approche résolument proactive face aux menaces numériques croissantes dans la région.
Le Dr Akinola Olojo, expert nigérian en contre-extrémisme, a pris la parole devant des décideurs publics, des régulateurs et des spécialistes de la gouvernance numérique. Selon lui, la vitesse à laquelle évoluent les environnements numériques en Afrique de l’Ouest dépasse désormais la capacité de réponse des structures de protection actuelles. Il appelle donc à la mise en place de systèmes de détection précoce, à des mécanismes de modération renforcés et à des politiques régionales coordonnées pour faire face aux risques émergents.
Les propos du Dr Olojo ont été prononcés alors que TikTok publiait ses statistiques de modération pour le deuxième trimestre 2025. Sur cette période, la plateforme a supprimé 3,78 millions de vidéos originaires du Nigeria pour violation de ses directives communautaires. Dans 98,7 % des cas, les vidéos ont été retirées avant même d’être vues, et dans 91,9 % des cas, elles l’ont été dans les 24 heures suivant leur mise en ligne. TikTok y voit la preuve de l’efficacité croissante de son infrastructure de modération.
Par ailleurs, 49 512 sessions en direct ont été interdites au Nigeria durant cette même période pour non-respect des règles de sécurité. Ces chiffres illustrent la volonté affichée de TikTok d’endiguer la diffusion de contenus nuisibles sur sa plateforme.
Le sommet de Dakar a rassemblé des représentants gouvernementaux et des experts de la sécurité numérique venus de toute l’Afrique de l’Ouest. Ensemble, ils ont exploré les voies à suivre pour renforcer les mécanismes de protection des utilisateurs, notamment face aux dangers liés à la désinformation, à l’utilisation de ces plateformes par des mineurs, ou encore à l’exploitation par des groupes extrémistes.
Le message du Dr Olojo est sans équivoque : tant que la réponse des États reste purement réactive, le terrain numérique demeurera propice aux abus. Il plaide pour un partenariat étroit et structuré entre gouvernements et entreprises technologiques, estimant que seule une action anticipée permettra à l’Afrique de l’Ouest de contenir efficacement les nouvelles formes de menaces numériques.














