Le 1er décembre 2025, le gouvernement algérien a lancé une plateforme numérique nationale destinée à signaler les cas de corruption dans le secteur social. Développée par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, cette initiative vise à renforcer la transparence de l’administration, restaurer la confiance des citoyens et moderniser les mécanismes de lutte contre les pratiques illicites qui affectent la qualité des services publics.
Accessible sur mobile et ordinateur, la plateforme permet aux citoyens et aux fonctionnaires de soumettre des signalements, de télécharger des preuves numériques et de suivre l’état d’avancement de leurs dossiers. Les utilisateurs peuvent également déposer des plaintes de manière anonyme, un choix qui reflète une volonté assumée de protéger les lanceurs d’alerte dans un environnement souvent marqué par la méfiance envers les institutions.
Dans sa déclaration, la ministre Soraya Mouloudji a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, fondée sur la promotion de l’éthique publique, le respect de l’intégrité administrative et une meilleure traçabilité dans la gestion des fonds publics. L’objectif est d’installer une culture durable de redevabilité, notamment dans les secteurs sensibles comme les prestations sociales.
Le contexte est particulièrement exigeant. Selon le dernier indice de perception de la corruption publié en 2024 par Transparency International, l’Algérie se classe 107e sur 180 pays, avec un score de 34 sur 100, confirmant la persistance de dysfonctionnements structurels. Face à cette réalité, les autorités veulent agir en amont : près de 9 500 agents publics ont déjà été formés pour accompagner le déploiement de la plateforme et veiller à son bon usage.
Reste que l’efficacité d’un tel outil dépendra de plusieurs facteurs clés : la rigueur des enquêtes menées à partir des signalements, la garantie d’une vraie protection pour les lanceurs d’alerte et surtout la transparence sur les suites données aux cas révélés. Si ces conditions sont réunies, la plateforme pourrait devenir un instrument majeur dans la transformation de la gouvernance publique en Algérie.














