Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et Internet sans frontières ont récemment lancé un appel pressant aux autorités béninoises pour réformer le Code du numérique, dénonçant une série d’atteintes à la liberté de la presse. Depuis le début de l’année 2025, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a suspendu plusieurs médias, dont deux journaux, trois sites d’information et un compte TikTok, sans justification conforme aux normes internationales.
L’article 550 du Code du numérique est particulièrement critiqué pour sa formulation vague, criminalisant la diffusion de « fausses informations » et le « harcèlement par voie électronique », avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison. Cette disposition a été utilisée pour poursuivre au moins 17 journalistes et blogueurs depuis 2020, selon Amnesty International.
Les suspensions de médias ont eu des conséquences économiques graves, entraînant la perte d’emplois pour de nombreux journalistes et la réduction des revenus publicitaires pour les organes de presse concernés. La HAAC, en utilisant le Code du numérique, exerce une pression considérable sur les médias indépendants, menaçant leur survie et la diversité de l’information au Bénin.
Les organisations de défense des droits humains appellent à une réforme urgente du Code du numérique, en particulier de l’article 550, pour aligner la législation béninoise sur les standards internationaux de liberté d’expression. Elles recommandent également de garantir l’indépendance de la HAAC et de soumettre toute suspension de médias à une décision judiciaire préalable.














