Dans un geste symbolique fort et stratégique, China Mobile a officiellement activé la branche Est du câble sous-marin 2Africa, une infrastructure numérique colossale destinée à renforcer la connectivité du continent africain. La cérémonie, organisée à Nairobi sous le thème « Connect. Innovate. Ignite. Empowering Africa’s Digital Future Together », marque une étape majeure dans l’évolution de l’internet à haut débit en Afrique de l’Est et dans tout le réseau intercontinental.
Le câble 2Africa, considéré comme l’un des plus ambitieux jamais déployés, reliera à terme 33 pays en Afrique, en Europe et en Asie. Conçu pour atteindre une capacité impressionnante de 180 térabits par seconde, il constitue une véritable colonne vertébrale numérique pour le continent. En activant le segment Est, la Chine renforce non seulement ses liens technologiques avec l’Afrique, mais place aussi le Kenya au cœur d’une nouvelle dynamique régionale tournée vers l’économie numérique.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie kényane « Digital Superhighway and Creative Pillar », un plan de développement numérique sans précédent. Le gouvernement ambitionne de déployer 100 000 kilomètres de fibre optique à l’échelle nationale, d’établir 25 000 points Wi-Fi publics, de créer des centres TIC dans chaque circonscription et de généraliser l’accès aux services publics en ligne. Pour les autorités kényanes, cette interconnexion internationale s’harmonise parfaitement avec ces objectifs, en fournissant la bande passante nécessaire pour soutenir les ambitions de développement numérique et l’innovation locale.
Lors de l’événement, China Mobile a également lancé une nouvelle solution industrielle basée sur la convergence de l’intelligence artificielle et du cloud. Ce service, articulé autour de l’infrastructure du câble, vise à fournir aux entreprises africaines les outils technologiques avancés nécessaires pour concurrencer à l’échelle mondiale.
La présence de hauts responsables du gouvernement kényan, dont le secrétaire principal à l’économie numérique Eng. John Tanui, ainsi que d’importants représentants de la diplomatie chinoise, a souligné la portée géopolitique et économique de ce projet. Il ne s’agit pas simplement d’un câble posé sous la mer, mais d’un accélérateur de transformation, d’un connecteur de croissance, et d’un vecteur d’autonomisation pour les sociétés africaines à l’ère numérique.
Mais cette mise en service, aussi spectaculaire soit-elle, n’est qu’un début. Pour que le continent tire pleinement parti de cette infrastructure, il faudra investir massivement dans les réseaux terrestres, les data centers locaux, la cybersécurité et surtout dans la formation des talents numériques. C’est dans la complémentarité entre infrastructure internationale et développement local que résidera le véritable impact du projet 2Africa.














