Au Cameroun, l’opérateur national Camtel traverse une crise sérieuse. Dans la nuit du 13 au 14 juillet, de nouveaux actes de vandalisme ont visé son infrastructure de fibre optique, provoquant une panne totale d’Internet dans la zone de Mfou, à proximité de Yaoundé. Trois boîtiers de distribution ont été entièrement détruits, selon un communiqué publié par l’entreprise. Ces événements surviennent alors que deux attaques similaires avaient déjà été enregistrées les 25 juin et 10 juillet, marquant une inquiétante recrudescence de sabotages ciblés.
Les images rendues publiques par Camtel montrent des poteaux endommagés, des câbles sectionnés, et des installations souterraines délibérément creusées ou détruites. Les conséquences ont été immédiates : écoles, hôpitaux, entreprises et foyers ont été privés de connexion, soulignant la dépendance croissante de la société camerounaise à l’égard de l’infrastructure numérique.
Dans sa déclaration, Camtel a fermement condamné ces destructions, évoquant une atteinte grave à un bien stratégique pour la nation. L’opérateur a saisi les autorités policières et judiciaires pour identifier les auteurs de ces actes et a annoncé le déploiement de toutes ses ressources techniques afin de rétablir le service au plus vite. Il a également présenté ses excuses à l’ensemble de ses clients pour les désagréments subis, tout en insistant sur l’importance de protéger les infrastructures numériques, qu’il qualifie de « bien commun » essentiel au développement économique et social du pays.
Le contexte soulève de sérieuses interrogations. En mai dernier, la directrice générale de Camtel, Judith Yah Sunday Achidi, avait révélé que certaines attaques étaient commises en interne, par des employés ou des anciens collaborateurs malintentionnés. Cette révélation ajoute une dimension troublante à une crise qui ne semble pas uniquement liée à des actes isolés de vandalisme, mais à une fragilisation plus profonde de la gouvernance sécuritaire au sein de l’opérateur.
La répétition de ces actes met en lumière une vulnérabilité critique : celle d’un réseau vital, encore trop exposé aux risques physiques et aux failles internes. Au-delà des réparations d’urgence, l’avenir du réseau télécom camerounais pourrait bien dépendre de la capacité de Camtel à repenser sa sécurité, sa surveillance et la formation de ses ressources humaines dans un secteur où le sabotage devient une menace stratégique.














