Les autorités régulatrices des télécommunications de la République du Congo et de la République d’Angola ont récemment franchi une étape importante dans leur collaboration bilatérale concernant la gestion des fréquences radio. Lors d’une réunion tenue du 5 au 7 août à Pointe-Noire, les deux agences — l’Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques (ARPCE) pour le Congo et l’Institut des Communications d’Angola (INACOM) — ont validé un projet d’accord de coordination des fréquences sur leur frontière commune longue de 231 kilomètres.
Cette initiative répond à des enjeux techniques cruciaux : prévenir les interférences mutuelles qui affectent la qualité des services mobiles dans les zones frontalières, éviter le phénomène de « roaming accidentel » et garantir un accès équitable aux ressources spectrales pour les opérateurs de chaque pays.
Les opérateurs majeurs des deux pays, notamment MTN, Airtel, Congo Telecom et Unitel, ont également participé à ces discussions. Sur le plan technique, les parties se sont accordées sur les modalités de coordination pour sept bandes de fréquences différentes, allant de 700 MHz à 3500 MHz, couvrant ainsi une large partie du spectre utilisé pour les réseaux mobiles actuels, y compris la 4G et la 5G.
Parmi les mesures adoptées figurent des règles strictes visant à limiter la couverture des antennes à 1000 mètres au-delà des frontières, l’interdiction des antennes omnidirectionnelles dans ces zones sensibles, ainsi que la suppression des points de vente irréguliers d’équipements ou de services. Ces mesures visent à réduire les perturbations techniques et à assurer une meilleure qualité de service pour les populations vivant à proximité des frontières.
Les opérateurs devront appliquer ces nouvelles règles dans un délai de 60 jours après notification, prévue dans les 30 jours suivant l’accord.
Ce type de coopération bilatérale est essentiel pour la gestion efficace du spectre radio en Afrique, où les frontières terrestres et la densité des réseaux peuvent générer des conflits d’usage et dégrader les performances des réseaux. Par ailleurs, l’ARPCE est également engagée dans des discussions similaires avec le Cameroun, un autre voisin du Congo, pour étendre ce type d’accords à d’autres zones frontalières.














