À l’occasion du Cyber Africa Forum (CAF) 2025 à Cotonou, un accord d’importance a été scellé entre deux acteurs majeurs de la cybersécurité : le groupe africain New Digital Africa (NDA) et l’entreprise européenne Forward Global. Ensemble, ils ambitionnent de créer une nouvelle dynamique de résilience numérique sur le continent, dans un contexte marqué par la montée en puissance des cybermenaces et l’accélération de la transformation digitale.
Avec un marché africain de la cybersécurité évalué à 680 millions de dollars en 2025, et qui pourrait dépasser 1,28 milliard à l’horizon 2030, les enjeux sont colossaux. L’Afrique connaît une explosion des services numériques dans des secteurs aussi variés que la finance, l’énergie, les télécoms ou encore les administrations publiques. Cette croissance s’accompagne malheureusement d’une exposition accrue aux cyberattaques, souvent transnationales, ciblant des infrastructures critiques.
Le partenariat NDA–Forward Global repose sur une logique de complémentarité. NDA, déjà présent dans quatre pays africains, s’appuie sur ses entités Dataconnect (certifiée ISO 27001 et PCI-DSS) et Devolution, spécialisées respectivement dans la connectivité, la cybersécurité, la digitalisation et les solutions applicatives. Avec plus de 130 collaborateurs, NDA revendique une solide implantation locale.
De l’autre côté, Forward Global – via sa filiale Lexfo – apporte une expertise technique avancée. Elle réalise chaque année plus de 1 500 missions de cybersécurité pour quelque 200 clients stratégiques, et propose des solutions variées : pentests, réponse aux incidents (CSIRT), programmes de bug bounty, récupération de données et surveillance continue des vulnérabilités avec sa plateforme Ambionics.
Ce partenariat incarne une vision intégrée de la cybersécurité, alliant approche défensive et offensive. Pour Jean-Jacques N’Docho, directeur général adjoint de NDA, il s’agit de bâtir des dispositifs robustes capables de soutenir la croissance économique africaine tout en sécurisant ses systèmes critiques.
Loïc Bénis, directeur des opérations chez Lexfo, met en avant l’importance de rendre la cybersécurité accessible et collaborative entre les services techniques, les décideurs métiers et les RSSI. Ambionics, leur outil-phare, est au cœur de cette synergie, en particulier dans des secteurs sensibles comme les banques, les télécoms et les infrastructures énergétiques.
Ce partenariat annonce peut-être un tournant : celui d’une Afrique qui ne se contente plus de subir les cybermenaces mais qui construit activement sa souveraineté numérique.














