L’Égypte fait un pas décisif vers une transition énergétique durable en annonçant le développement de deux projets solaires majeurs, combinant une capacité totale de 1 200 mégawatts (MW) de production photovoltaïque et 720 mégawattheures (MWh) de stockage par batterie. Ces projets marquent une avancée significative dans l’ambition du pays de porter la part des énergies renouvelables à 42 % du mix électrique national d’ici 2030, puis à 65 % à l’horizon 2040.
Le premier projet, prévu à Benban, un immense parc solaire situé dans le sud du pays, comprendra une centrale solaire de 200 MW accompagnée de 120 MWh de batteries. Il devrait entrer en service au troisième trimestre de 2026. Le second projet, bien plus ambitieux, sera implanté à Minya, dans le centre de l’Égypte, avec une capacité de 1 000 MW et 600 MWh de stockage, pour une mise en service attendue un an plus tard, à l’été 2027.
Ces initiatives sont le fruit d’un partenariat public-privé impliquant le ministère de l’Électricité et des Énergies renouvelables, l’Egyptian Electricity Transmission Company (EETC), la société Hassan Allam Utilities Energy Platform, et Infinity Power, un acteur panafricain des énergies renouvelables. Les représentants du consortium se sont félicités de la portée de ces projets, les décrivant comme une réponse stratégique aux défis énergétiques du pays, mais aussi comme un levier pour renforcer sa sécurité énergétique.
Au-delà de la production d’électricité verte, ces projets intègrent des solutions de stockage à grande échelle, une première en Égypte. Le stockage permettra de pallier l’intermittence de la production solaire, stabilisant ainsi le réseau électrique et rendant l’énergie renouvelable disponible même après le coucher du soleil.
Cette approche intégrée représente une évolution cruciale pour un pays qui reste encore largement dépendant du gaz naturel pour alimenter ses centrales. Elle ouvre également la voie à l’émergence de l’Égypte comme pôle régional des énergies propres, capable d’attirer des investissements et de stimuler la création d’emplois dans un secteur en pleine expansion.
Cependant, de nombreux défis subsistent : mobiliser les financements nécessaires, intégrer ces systèmes complexes au réseau national, assurer leur maintenance, et former des techniciens qualifiés seront autant d’étapes à franchir pour concrétiser cette vision ambitieuse. Si les calendriers sont respectés, l’Égypte pourrait devenir dans les prochaines années un exemple à suivre en matière d’intégration intelligente du solaire et du stockage en Afrique et au Moyen-Orient.














