Le 20 août 2025, l’Agence spatiale européenne (ESA), en partenariat avec la Commission de l’Union africaine, a annoncé le lancement de dix nouveaux projets de recherche conjoints entre équipes africaines et européennes. Cette initiative, coordonnée par la plateforme EO AFRICA R&D Facility, s’inscrit dans la continuité du quatrième appel à propositions lancé en avril dernier. Dès septembre 2025, ces projets débuteront pour une période de quinze mois, avec pour ambition d’exploiter les technologies d’observation de la Terre pour répondre à des enjeux cruciaux liés à l’eau, à l’agriculture, à la biodiversité et au changement climatique sur le continent africain.
Chaque projet retenu recevra un financement de 30 000 dollars ainsi qu’un accès gratuit aux environnements virtuels de recherche mis à disposition par le laboratoire d’innovation de l’EO AFRICA Facility. Au-delà du soutien technique, les équipes auront aussi l’opportunité de participer à des formations, des événements scientifiques de haut niveau, et d’intégrer un réseau international dédié à la recherche appliquée en observation de la Terre.
Ces recherches, portées par des tandems composés de scientifiques africains et européens, illustrent une coopération scientifique innovante. Au Ghana, un projet se propose de développer un outil libre pour surveiller l’état des lacs africains comme le Bosomtwe ou le Victoria. Au Kenya, une autre équipe souhaite améliorer la détection des plantes invasives à partir d’analyses satellites couplées à des données de terrain. En Namibie, l’accent est mis sur l’optimisation de l’irrigation du maïs grâce à des cartes à haute résolution du stress hydrique. Au Nigeria, les chercheurs modéliseront la demande en eau d’irrigation en période de sécheresse, tandis qu’en Éthiopie, l’enjeu sera d’identifier les zones les plus vulnérables aux inondations. Des projets similaires sont en cours au Maroc, en Afrique du Sud, au Malawi, en Zambie et au Burkina Faso, chacun ciblant des problématiques locales spécifiques mais partageant une méthode commune : utiliser les données spatiales pour apporter des solutions concrètes.
Derrière cette initiative, c’est une volonté stratégique qui se dessine : faire de l’observation de la Terre un outil central pour relever les défis environnementaux et socio-économiques en Afrique. En mobilisant des chercheurs de deux continents, ces projets s’inscrivent dans les grands objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies et dans la vision à long terme de l’Union africaine, à travers l’Agenda 2063. L’innovation spatiale se fait ici le moteur d’une transformation scientifique et sociétale, portée par la collaboration internationale.














