Delphine Lavaud, forte de 25 années d’expérience dans les domaines de la technologie, de la communication et du conseil stratégique, prend les rênes de la nouvelle Commission Eurotech, créée au sein d’Eurocham. Elle explique que, face aux bouleversements imposés par l’accélération des technologies, notamment l’intelligence artificielle générative, il était urgent d’établir une plateforme collective. Celle-ci s’appuiera sur les grandes entreprises membres pour anticiper les besoins, favoriser les synergies sectorielles et élaborer de véritables trajectoires partagées. Les premiers travaux débuteront dès septembre 2025, en étroite collaboration avec les écosystèmes ivoirien, sous-régional et européen.
Les défis qui attendent les membres d’Eurocham sont multiples. Les dirigeants ivoiriens, conscients de l’urgence de se transformer, demeurent souvent démunis devant le manque de repères clairs, la complexité des enjeux de cybersécurité, les carences en compétences et les adaptations nécessaires des systèmes d’information. Pour y remédier, la Commission adoptera une démarche d’écoute active dès sa rentrée : il est prévu de rencontrer les entreprises secteur par secteur afin de définir leurs attentes et proposer une structuration agile avec des binômes experts/partenaires institutionnels et métiers.
Delphine Lavaud souligne également l’existence d’une fracture intergénérationnelle au sein des organisations, entre dirigeants expérimentés et jeunes talents digital natives. Pour la combler, la Commission mettra en place des programmes de mentorat croisé, créant un chemin bidirectionnel d’apprentissage. Grâce à des partenariats avec des fondations et académies, l’objectif est de bâtir une culture numérique commune, en responsabilisant les jeunes et en redonnant confiance aux dirigeants traditionnels.
L’écosystème ivoirien, riche et diversifié, est mis à contribution. La Commission Eurotech, consciente des forces du tissu local, entend construire des ponts entre grandes entreprises, startups, incubateurs, institutions publiques, réseaux féminins, associations professionnelles et chambres de commerce. Cette logique de coopération ouverte doit permettre de mieux détecter les besoins réels, partager les expertises du terrain et soutenir l’innovation au-delà des cloisonnements.
Dès septembre, plusieurs initiatives concrètes seront lancées, à commencer par le concept SpeedTech, qui mettra en relation des entreprises confrontées à des enjeux numériques avec des startups prêtes à proposer des solutions en une minute de pitch. Il est également prévu d’organiser des visites dans des Tech Labs et incubateurs, de monter des groupes de travail thématiques, de prodiguer des diagnostics sectoriels et de participer activement à la stratégie nationale d’intelligence artificielle. Enfin, la Commission défendra des positions structurées auprès des pouvoirs publics sur la souveraineté numérique, la digitalisation, l’innovation, l’impact environnemental et sociétal des technologies.
Sur le plan financier, des collaborations sont envisagées avec l’Union européenne via le programme Global Gateway, la GIZ, Bpifrance et d’autres opérateurs africains. L’objectif est de référencer les dispositifs de financement disponibles pour les rendre accessibles aux membres, compléter par des masterclasses dédiées à la levée de fonds, aux critères ESG et aux montages collaboratifs pour favoriser l’innovation.
Lavaud insiste sur la nécessité d’ancrer la transformation technologique dans une logique durable. Les secteurs de l’AgroTech, de la GreenTech et de la CleanTech seront mis en avant, à travers l’identification de champions locaux, la facilitation de mises en réseau avec les membres d’Eurocham, et l’accompagnement dans les stratégies de transition pour une agriculture intelligente, plus traçable et moins carbonée.
Sa vision pour la Commission Eurotech est ambitieuse : en faire un levier de transformation collective, de cohésion et d’influence. À un moment charnière où l’Afrique ne peut plus se contenter de coller à la marche de la technologie, elle affirme que seul un réseau solide et une action collective peuvent assurer une avance stratégique. Elle conclut en remerciant chaleureusement la vision et le soutien du président d’Eurocham pour cette initiative tournée vers l’avenir.














