La GSMA a publié son rapport annuel sur la fracture numérique entre les sexes, révélant que les femmes africaines restent parmi les plus exclues numériquement au monde. Malgré des avancées notables, notamment une réduction de l’écart en Afrique subsaharienne, des obstacles persistants freinent l’adoption d’Internet mobile par les femmes.
Le rapport indique que l’écart entre les sexes en matière d’utilisation d’Internet mobile en Afrique subsaharienne a diminué pour la deuxième année consécutive, passant de 36 % en 2022 à 29 % en 2024. Cette amélioration est principalement due à une augmentation de l’adoption par les femmes, leur taux d’utilisation étant passé de 36 % à 39 %, tandis que celui des hommes est resté stable à 54 %.
Cependant, environ 205 millions de femmes dans la région, soit environ 61 % de la population féminine adulte, n’utilisent toujours pas Internet mobile. À l’échelle mondiale, 885 millions de femmes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire restent non connectées, avec près de 60 % d’entre elles vivant en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
Plusieurs facteurs entravent l’adoption d’Internet mobile par les femmes africaines :
- Accessibilité financière : Le coût des smartphones représente un obstacle majeur. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le prix d’un smartphone d’entrée de gamme équivaut à 24 % du revenu mensuel moyen d’une femme, contre 12 % pour un homme.
- Compétences numériques limitées : Le manque de compétences numériques et d’alphabétisation freine l’utilisation d’Internet mobile. Les femmes sont 1,6 fois plus susceptibles que les hommes de citer le manque de compétences comme principal obstacle à l’utilisation d’Internet.
- Normes sociales restrictives : Des normes culturelles et sociales limitent l’accès des femmes à la technologie, notamment dans les zones rurales où les femmes sont 22 % moins susceptibles que les hommes de posséder un téléphone mobile.
- Préoccupations en matière de sécurité : La peur du harcèlement en ligne et des atteintes à la vie privée dissuade de nombreuses femmes d’utiliser Internet mobile. Une étude a révélé que 57 % des femmes entrepreneures ont été confrontées à du harcèlement en ligne.
La fermeture de la fracture numérique entre les sexes pourrait générer des bénéfices économiques significatifs. La GSMA estime que l’élimination de cet écart d’ici 2030 pourrait ajouter 1 300 milliards de dollars au PIB des pays à revenu faible ou intermédiaire et 230 milliards de dollars de revenus supplémentaires pour l’industrie mobile.
Pour remédier à cette situation, la GSMA recommande :
- Subventions pour les appareils : Mettre en place des programmes de subvention ou de financement pour rendre les smartphones plus abordables pour les femmes.
- Formation aux compétences numériques : Développer des programmes d’alphabétisation numérique adaptés aux besoins des femmes, en particulier dans les zones rurales.
- Politiques inclusives : Élaborer des politiques publiques qui favorisent l’inclusion numérique des femmes et abordent les normes sociales restrictives.
- Protection en ligne : Renforcer les mesures de sécurité en ligne pour protéger les femmes contre le harcèlement et les abus.
La réduction de la fracture numérique entre les sexes en Afrique nécessite une approche holistique, impliquant les gouvernements, les opérateurs mobiles, les organisations non gouvernementales et les communautés locales. En investissant dans l’inclusion numérique des femmes, l’Afrique peut non seulement promouvoir l’égalité des sexes, mais aussi stimuler son développement économique et social.














