La République démocratique du Congo (RDC) a récemment levé l’interdiction imposée à Starlink, le service Internet par satellite de SpaceX dirigé par Elon Musk, en lui accordant une licence d’exploitation. Cette décision marque un tournant majeur dans la stratégie numérique du pays, confronté à des défis d’accessibilité à Internet, notamment dans les zones rurales et les régions touchées par les conflits.
En mars 2024, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) avait interdit l’utilisation de Starlink, invoquant des préoccupations sécuritaires. Les autorités craignaient que les groupes armés, tels que les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, n’exploitent cette technologie pour leurs communications. Cependant, après des discussions approfondies, notamment une rencontre en mars 2025 à Washington entre le ministre congolais des Postes, Télécommunications et du Numérique, Augustin Kibassa Maliba, et des représentants de Starlink, la position du gouvernement a évolué. Le 2 mai 2025, l’ARPTC a officiellement annoncé l’octroi d’une licence à Starlink DRC S.A., une entité enregistrée localement, autorisant le déploiement imminent des services dans le pays.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large d’améliorer la connectivité en RDC, où seulement environ 30 % de la population avait accès à Internet en 2023, selon l’Union internationale des télécommunications . L’arrivée de Starlink pourrait transformer l’accès au numérique, en particulier dans les zones reculées où les infrastructures traditionnelles sont insuffisantes.
Par ailleurs, Starlink poursuit son expansion en Afrique. En avril 2025, le service a obtenu des licences d’exploitation en Lesotho et en Guinée-Bissau, portant à plus de vingt le nombre de pays africains où il est désormais actif . Des discussions sont également en cours avec l’Ouganda, où le président Yoweri Museveni a récemment rencontré des représentants de Starlink pour envisager une collaboration future
Cette levée d’interdiction en RDC pourrait donc marquer le début d’une nouvelle ère pour la connectivité dans le pays, offrant des opportunités économiques et sociales significatives, tout en posant des défis en matière de régulation et de sécurité.














