Le 14 mai 2025, une crise majeure a secoué la connectivité numérique entre le Tchad et le Cameroun. L’opérateur camerounais CAMTEL a suspendu l’accès à Internet pour le Tchad, invoquant des impayés de la part de son partenaire tchadien, SOTEL Tchad. Cette interruption a mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures numériques transfrontalières et la dépendance du Tchad vis-à-vis des réseaux camerounais pour son accès à Internet.
Depuis la signature d’un protocole d’accord en 2015, le Tchad, pays enclavé, s’appuie sur les infrastructures de CAMTEL pour acheminer son trafic Internet via les câbles sous-marins connectés au Cameroun. Cette collaboration est essentielle pour le Tchad, qui ne dispose pas d’un accès direct aux câbles sous-marins internationaux. Toute perturbation de cette liaison a donc des répercussions immédiates sur l’ensemble du pays.
Face à cette situation, le ministre tchadien des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Dr. Michel Boukar, s’est rendu à Yaoundé pour entamer des discussions avec les autorités camerounaises. Les pourparlers portent sur plusieurs points cruciaux :
- La régularisation des impayés de SOTEL Tchad envers CAMTEL.
- La révision des tarifs de location de la fibre optique et des services Internet.
- La sécurisation et l’extension des infrastructures de fibre optique entre les deux pays.
- L’amélioration de l’interconnexion via la liaison Mbere-Nana pour assurer une redondance du réseau.
- La mise en œuvre des directives de la CEMAC concernant la suppression progressive des frais de roaming international.
Ces discussions visent à rétablir une connectivité stable et à renforcer la coopération numérique entre les deux nations.
Cette crise souligne la nécessité pour les pays d’Afrique centrale de renforcer leur souveraineté numérique et de diversifier leurs sources de connectivité. Elle met également en lumière l’importance d’une gestion proactive des infrastructures critiques et d’une coopération régionale renforcée pour assurer une résilience face aux défis techniques et financiers.
Le Cameroun, avec ses 12 000 km de fibre optique et son accès aux câbles sous-marins, joue un rôle central dans la connectivité régionale. En investissant dans l’extension de ses infrastructures et en renforçant ses partenariats, il peut contribuer à une meilleure intégration numérique de la sous-région.














