La restructuration du paysage médiatique congolais franchit un nouveau palier stratégique avec le lancement officiel du projet « Impulsion média » par la Fédération des Radios de Proximité du Congo (FRPC). Soutenue financièrement à hauteur de 180 000 dollars par la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) de l’ambassade de Suisse, cette initiative inaugurée le 20 août à Kinshasa vise à bâtir un écosystème de l’information plus moderne, professionnel et sécurisé. Devant une centaine de participants, le président du conseil d’administration de la FRPC, Modeste Shabani Bin Sueni, a souligné la nécessité de connecter les médias locaux aux exigences de la gouvernance démocratique.
L’architecture de ce programme de transformation repose sur cinq axes fondamentaux visant à assainir en profondeur la profession. Le projet entend d’abord accompagner l’identification stricte des journalistes tout en déployant des mécanismes d’alerte pour leur protection, avec une attention particulière portée aux femmes et à la lutte contre les violences basées sur le genre. Sur le plan législatif, la FRPC va intensifier son plaidoyer pour l’adoption de la loi sur l’accès à l’information publique et forcer l’opérationnalisation des décrets d’application de la « loi Muyaya » de mars 2023. Cette réforme doit notamment clarifier la fiscalité et les régimes de redevance applicables aux radios communautaires. L’initiative prévoit également d’institutionnaliser un dialogue permanent entre la presse, les pouvoirs publics et les forces de sécurité à travers des tables rondes.
Pour l’ambassadeur de Suisse, Léo Trembley, cette refonte du cadre légal et institutionnel est indispensable pour garantir la liberté de la presse et l’indépendance des rédactions. Le ministère congolais de la Communication et des Médias a confirmé que ce projet s’inscrit dans le Programme d’action du gouvernement 2024-2028, consacré au parachèvement de la réforme normative du secteur. La cérémonie s’est clôturée par la remise des cent premières cartes d’identité professionnelles par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC). À cette occasion, Jean-Marie Kasamba, président de l’UNPC Kinshasa, a annoncé que des mesures coercitives frapperont désormais les professionnels exerçant sans ce document d’identification officiel.














