L’Égypte réalise une percée spectaculaire dans le secteur des services numériques à l’échelle mondiale. En seulement trois ans, le pays a doublé ses exportations dans ce domaine, atteignant 4,8 milliards de dollars en 2025, contre 2,4 milliards en 2022. Cette réussite s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse visant à faire de l’Égypte un hub international de l’IT, du BPO (externalisation des processus métier) et des services en ingénierie.
L’annonce a été faite à l’occasion du Global Offshoring Summit 2025 par le ministre des Communications et des Technologies de l’information, Dr Amr Talaat. Celui-ci a souligné l’ampleur de l’évolution du secteur : le nombre d’entreprises d’offshoring présentes sur le territoire est passé de 90 à plus de 240 en seulement trois ans. Cette dynamique est soutenue par une vision claire : investir massivement dans les infrastructures et le capital humain pour attirer les géants mondiaux du numérique.
Le gouvernement égyptien a injecté près de 6 milliards de dollars dans les infrastructures numériques et physiques. Mais au-delà des investissements financiers, c’est la formation de la main-d’œuvre qui impressionne le plus. Le nombre de jeunes formés a explosé, passant de 4 000 en 2018/2019 à un demi-million en 2025. Cette main-d’œuvre qualifiée, parlant plus de vingt langues, constitue un atout stratégique de poids pour le pays.
Lors du sommet, 55 accords ont été signés entre l’Agence de développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) et de grandes entreprises technologiques comme Accenture, Deloitte, Capgemini, Luxoft ou encore Teleperformance. Ces partenariats devraient générer environ 70 000 emplois à haute valeur ajoutée d’ici trois ans, consolidant la transformation du pays vers une économie fondée sur la connaissance.
Ahmed El-Zaher, PDG de l’ITIDA, a salué une étape décisive pour l’économie numérique égyptienne, soulignant la confiance croissante des acteurs mondiaux dans les capacités du pays. Située stratégiquement entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, l’Égypte dispose en effet d’un avantage géographique indéniable. À cela s’ajoute un coût de main-d’œuvre compétitif et un écosystème technologique en plein essor.
Ce repositionnement rapide n’est pas sans défis. Le pays doit continuer à garantir la qualité des services offerts, tout en s’alignant sur les normes internationales, notamment en matière de protection des données. Mais les ambitions affichées sont claires : d’ici 2026, l’Égypte vise à porter ses exportations numériques à 9 milliards de dollars et à créer jusqu’à 500 000 emplois dans le secteur.














