Du 10 au 12 juillet 2025, Bamako a accueilli deux événements d’envergure régionale consacrés à la gouvernance numérique dans l’espace sahélien. Le premier, une conférence de haut niveau sur le numérique et la cohésion sociale, a été suivi de consultations interétatiques autour de l’intégrité de l’information. Ces rendez-vous ont réuni des représentants du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de la Côte d’Ivoire. Tous se sont mobilisés pour construire une approche commune face aux dérives qui menacent la stabilité numérique et sociale de la région.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mohamed Ag Albachar, représentant du ministère malien de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration. Il y a exprimé la volonté politique claire du Mali de jouer un rôle moteur dans la refondation numérique de la région. Selon ses mots, accueillir ces travaux est une manière pour le pays de réaffirmer son ambition de faire du numérique un pilier de la paix, du vivre-ensemble et du développement durable.
Ces événements ont permis d’aborder des problématiques brûlantes : la désinformation, les discours de haine en ligne, la manipulation de l’opinion et la fragilité de l’espace public numérique sahélien. Le numérique, longtemps perçu comme un outil de développement, devient aussi un vecteur de tensions lorsqu’il est instrumentalisé. Pour y faire face, les autorités et partenaires techniques et financiers ont insisté sur la nécessité d’élaborer des stratégies concrètes, articulées autour d’une gouvernance inclusive, d’une cybersécurité renforcée et d’un meilleur encadrement légal.
La conférence a également servi de plateforme pour évaluer les progrès réalisés par le Mali en matière de réglementation. Un cadre juridique moderne commence à émerger, intégrant la protection des données personnelles, la sécurité des réseaux et l’accès équitable à l’information. Des chantiers sont encore à mener, notamment sur la souveraineté numérique, un thème fort porté par les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’idée d’un espace numérique propre à la région, sécurisé et respectueux des identités locales, a largement animé les discussions.
Au-delà des discours, les participants ont insisté sur la nécessité d’aboutir à des recommandations opérationnelles. Celles-ci devront alimenter les politiques nationales et renforcer la coopération régionale. Le numérique, dans cette optique, n’est pas seulement une infrastructure ou un outil : il devient un levier de résilience pour les sociétés sahéliennes.














