Le Maroc passe à la vitesse supérieure en matière de transformation numérique. Son autorité de régulation des télécoms, l’ANRT, impose désormais le partage obligatoire des réseaux de fibre optique entre opérateurs. Objectif : améliorer l’accès à Internet, en particulier dans les zones mal desservies, tout en réduisant les coûts pour les opérateurs… et, à terme, pour les usagers.
Ce changement radical vise à corriger une vieille habitude dans le secteur : chaque opérateur construisait ses propres réseaux, générant des doublons coûteux et freinant l’expansion dans les zones peu rentables. Désormais, les grandes infrastructures – comme les câbles de fibre optique ou les pylônes – devront être accessibles à tous les acteurs, selon des conditions transparentes, équitables et contrôlées par l’État.
La décision, officialisée par le décret DG/05/2025, fait du Maroc l’un des premiers pays africains à instaurer un modèle structuré de mutualisation, dans lequel certains opérateurs géreront les infrastructures tandis que d’autres pourront les utiliser pour offrir leurs services. Cette réforme intervient alors que le pays ambitionne d’atteindre 5,6 millions de foyers raccordés à la fibre d’ici 2030, contre environ 1,5 million en 2022. Pour y parvenir, un plan d’investissement de plus de 20 milliards de dirhams a été lancé.
Ce nouvel élan s’accompagne d’une réorganisation du marché : Maroc Telecom et Inwi ont récemment obtenu le feu vert du régulateur pour créer ensemble des entités communes dédiées à la gestion des infrastructures, indépendantes de leurs activités commerciales. Une initiative censée renforcer l’efficacité du déploiement et ouvrir davantage le marché à la concurrence.
Pour les citoyens marocains, les retombées pourraient être considérables : un accès plus large et plus rapide à Internet, des services mobiles plus stables, et des prix qui pourraient enfin baisser après des années de stagnation. Mais tout dépendra de l’application stricte de ces nouvelles règles et de la capacité du régulateur à faire respecter l’équité d’accès, en particulier pour les plus petits opérateurs.














