Meta, la maison mère de Facebook, est au cœur d’une controverse au Nigeria suite à l’apparition d’une notification sur Instagram avertissant les utilisateurs lorsqu’ils conversaient avec des personnes situées dans d’autres pays. Bien que cette fonctionnalité ait été présentée comme un test mondial visant à lutter contre les arnaques en ligne, elle a été perçue par de nombreux Nigérians comme une stigmatisation ciblée.
La notification, qui indiquait que l’interlocuteur « semblait être au Nigeria », a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, où des utilisateurs ont accusé Meta de discrimination. En réponse, Meta a déclaré que cette alerte faisait partie d’un test global destiné à protéger les utilisateurs contre les escroqueries, et qu’elle n’était pas spécifique au Nigeria. La société a ajouté que le test était désormais terminé et que les notifications ne mentionnaient plus de pays spécifiques.
Cette polémique survient dans un contexte déjà tendu entre Meta et les autorités nigérianes. En juillet 2024, la Federal Competition and Consumer Protection Commission (FCCPC) du Nigeria a infligé une amende de 220 millions de dollars à Meta pour violation des lois locales sur la protection des données et des consommateurs. L’enquête, menée sur 38 mois, a révélé que Meta utilisait les données des utilisateurs nigérians sans consentement et imposait des politiques de confidentialité jugées abusives. Reuters
Meta a contesté cette amende, mais en avril 2025, le tribunal nigérian de la concurrence et de la protection des consommateurs a confirmé la sanction, rejetant l’appel de l’entreprise. Le tribunal a estimé que Meta avait adopté des pratiques discriminatoires et exploitantes envers les consommateurs nigérians, comparativement à d’autres juridictions aux réglementations similaires.
Face à cette situation, Meta a menacé de se retirer du marché nigérian, où plus de 100 millions de personnes utilisent ses plateformes. Cependant, la FCCPC a déclaré que même un retrait du pays n’exonérerait pas Meta de ses obligations légales et du paiement de l’amende. La commission a qualifié la menace de départ de « manœuvre calculée visant à provoquer une réaction publique négative et à faire pression sur la FCCPC pour qu’elle reconsidère sa décision ».
Par ailleurs, en juillet 2024, Meta a supprimé environ 63 000 comptes Instagram basés au Nigeria impliqués dans des escroqueries de type « sextorsion », ciblant principalement des hommes adultes aux États-Unis. Cette opération fait partie des efforts de Meta pour lutter contre les activités frauduleuses sur ses plateformes.














