Les dernières données publiées par Speedtest Intelligence pour le premier semestre 2025 mettent en lumière deux dynamiques fortes qui façonnent actuellement l’écosystème télécoms en Afrique. D’un côté, MTN Group se confirme comme le leader incontesté en matière de vitesse mobile sur le continent. De l’autre, Vodacom affiche une nette avance dans le domaine stratégique de la 5G, en particulier en Afrique du Sud.
MTN Afrique du Sud domine largement ses concurrents avec une vitesse médiane de téléchargement de 74,76 Mbit/s et une vitesse d’envoi de 13,65 Mbit/s, ce qui en fait l’opérateur le plus performant toutes technologies confondues. Ce n’est pas un cas isolé. Les filiales du groupe en Ouganda, au Nigeria et au Botswana affichent également des résultats impressionnants, avec des vitesses 5G supérieures à 200 Mbit/s, dépassant ainsi Vodacom, Orange et Airtel sur ce segment.
Si MTN règne sur les performances globales, Vodacom se distingue spécifiquement sur la 5G. En Afrique du Sud, l’opérateur a atteint une vitesse médiane de téléchargement de 174,9 Mbit/s, soit la plus rapide pour la 5G dans le pays, grâce à une stratégie orientée sur la densification de son réseau dans les zones urbaines et à l’utilisation d’une bande passante plus large. En comparaison, toutes technologies confondues, Vodacom se positionne quatrième sur le continent, avec une vitesse de téléchargement médiane de 52,31 Mbit/s, confirmant son retard relatif sur la 4G mais son avance marquée sur la 5G.
Les écarts régionaux restent frappants. L’Afrique australe donne le ton en matière de performances réseau, avec des pays comme le Botswana, où Mascom et Orange enregistrent des vitesses supérieures à 50 Mbit/s. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard : le pays a investi dès 2021 dans des infrastructures numériques, notamment le SmartBots Village et le centre de données Digital Delta, créant ainsi un environnement favorable à un haut débit performant.
En revanche, l’Afrique centrale et occidentale accuse un net retard. En Côte d’Ivoire, malgré une légère domination d’Orange avec 35,25 Mbit/s, les débits restent bien en deçà de ceux observés en Afrique australe. En RDC, aucun opérateur n’a encore lancé commercialement la 5G, et les vitesses restent basses, Vodacom affichant même le score le plus faible avec 14,8 Mbit/s.
Au Nigeria, premier marché mobile d’Afrique avec plus de 170 millions d’abonnés, la compétition se joue entre MTN et Airtel. Là encore, MTN conserve son avance avec une vitesse de téléchargement 5G de 226,6 Mbit/s, contre 182,6 Mbit/s pour Airtel. Même en 4G, MTN domine légèrement en disponibilité, malgré les défis du marché nigérian, marqués par des pénuries d’énergie, l’inflation et la dévaluation. L’opérateur n’a pas ralenti ses investissements, injectant 3,5 milliards de dollars entre 2023 et 2028 pour moderniser et étendre son réseau.
Sur la côte Est, Safaricom s’impose au Kenya comme le leader incontesté, avec une vitesse de téléchargement de 43 Mbit/s, soit 2,4 fois plus rapide que celle d’Airtel, son principal concurrent. La domination de Safaricom s’étend à la 5G, avec des vitesses environ trois fois supérieures à celles d’Airtel Kenya. En Tanzanie, les rapports s’inversent, Airtel y devançant Vodacom sur les débits 5G, tandis qu’en Ouganda, MTN reste loin devant ses concurrents.
Ce que révèlent ces données, c’est que la couverture, les stratégies de déploiement et les politiques de spectre varient fortement d’un pays à l’autre, avec des conséquences directes sur l’expérience utilisateur. Si la 5G commence à se déployer dans certaines zones, elle reste marginale ailleurs. Les pays qui ont anticipé, investi dans les infrastructures et libéré le spectre 5G voient déjà les bénéfices. À l’inverse, ceux qui restent tributaires de réseaux 3G ou de bandes congestionnées peinent à suivre.














