En Afrique subsaharienne, les plaintes des consommateurs concernant le coût élevé de l’Internet mobile et la qualité inégale des services ne cessent de s’amplifier. Face à cette grogne croissante, plusieurs régulateurs nationaux commencent à intensifier leurs actions. C’est notamment le cas à Madagascar et au Tchad, où les autorités de régulation viennent d’annoncer des mesures pour tenter de répondre à ces préoccupations.
À Madagascar, l’Autorité de Régulation des Technologies de Communication (ARTEC) a récemment convoqué les opérateurs mobiles afin de discuter des tarifs pratiqués pour l’accès à Internet mobile. Cette initiative fait suite à une montée des réclamations des usagers, qui dénoncent des prix prohibitifs dans un contexte économique déjà difficile. Bien que l’ARTEC ne dispose pas du pouvoir de fixer directement les prix, elle agit en tant que médiatrice, incitant les opérateurs à revoir leurs offres afin de les rendre plus accessibles. Cette démarche s’inscrit dans un processus entamé fin 2024, avec déjà quelques ajustements tarifaires, mais la pression populaire semble aujourd’hui forcer l’autorité à se montrer plus insistante.
Au Tchad, c’est la qualité du service mobile qui est au cœur des préoccupations. L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) vient de conclure son 15e audit national sur la qualité des réseaux. Cette opération, qui a couvert l’ensemble des 23 provinces du pays ainsi que les grands axes routiers, a permis d’évaluer divers paramètres techniques comme la couverture 4G, la réussite des appels ou encore la vitesse de connexion. Si les résultats montrent une amélioration de la stabilité du signal dans plusieurs centres urbains, les lacunes persistent ailleurs, souvent liées à des infrastructures vétustes, des problèmes d’approvisionnement en électricité et une couverture irrégulière.
Il ne s’agit pas de la première intervention de l’ARCEP. En 2023 déjà, elle avait infligé une amende de plus de 8 millions de dollars à l’opérateur Airtel Chad pour manquements répétés à ses obligations de qualité de service. Pourtant, malgré ces sanctions, les plaintes des utilisateurs continuent de s’accumuler, signe que les efforts fournis jusqu’à présent restent insuffisants.
Ces deux exemples illustrent un changement de ton de la part des régulateurs africains, longtemps accusés d’inaction. Aujourd’hui, face à l’urgence numérique, ils semblent décidés à assumer pleinement leur rôle de garants de l’intérêt public. Mais dans des contextes souvent marqués par une faible concurrence et des ressources limitées, leur marge de manœuvre reste fragile.














