Les autorités de régulation des télécommunications au Tchad et en Zambie tirent la sonnette d’alarme. Dans les deux pays, la qualité des services mobiles s’avère très insuffisante, au point de menacer leurs ambitions de transformation numérique.
Au Tchad, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) vient de publier les résultats de son 15e audit national sur la qualité de service. Pour la première fois, ce rapport couvre l’ensemble du territoire, incluant les capitales provinciales et les principaux axes routiers. Les résultats sont sans appel : les deux principaux opérateurs, Moov Africa et Airtel, peinent à fournir un service satisfaisant. Moov Africa obtient un score de 123,86 sur 200, tandis qu’Airtel ne dépasse pas les 98,35 points. Le rapport souligne des équipements défectueux, mal entretenus, ainsi que des problèmes d’approvisionnement électrique. Certaines zones seraient même totalement privées de service.
Ces constats confirment les plaintes fréquentes des consommateurs tchadiens, qui dénoncent régulièrement l’impossibilité de passer un appel ou de se connecter à Internet. Face à cela, l’ARCEP n’exclut pas de nouvelles sanctions. Rappelons qu’en 2023, elle avait déjà infligé une amende de 5 milliards de FCFA (environ 8,8 millions de dollars) à Airtel pour non-respect de ses engagements d’investissement. Malgré cela, la situation ne semble pas s’être améliorée. Airtel a toutefois promis un plan d’investissement de 50 milliards de FCFA (près de 87,5 millions de dollars) pour moderniser son réseau d’ici à juin 2026.
La situation en Zambie est tout aussi préoccupante. Le régulateur local, ZICTA, a publié une déclaration sévère dénonçant « une détérioration persistante » de la qualité des services de télécommunications. Selon l’autorité, cette dégradation met en péril la compétitivité économique du pays ainsi que son agenda numérique. Elle appelle les opérateurs à investir massivement pour étendre la couverture réseau, notamment dans les zones rurales, et à mettre en place des systèmes d’alimentation de secours afin d’assurer la continuité du service en cas de coupure de courant. Des solutions durables en matière d’énergie sont également exigées.
ZICTA ne se contente plus d’avertissements : en 2025, l’autorité a convoqué Airtel Zambia après une panne majeure ayant touché Lusaka et les provinces centrales. Elle a également ordonné des compensations pour les abonnés et renforcé ses équipements de surveillance de la qualité du réseau, particulièrement pour la 4G et la LTE.
Dans les deux cas, la pression monte sur les opérateurs. Il ne s’agit plus seulement d’améliorer l’expérience utilisateur, mais aussi de soutenir le développement économique et social de pays qui misent sur le numérique pour l’avenir. La connectivité ne peut plus être un luxe, surtout dans un contexte où elle est devenue un besoin fondamental.














