Un projet ambitieux de connexion en fibre optique entre la République démocratique du Congo et la Tanzanie vient d’être confirmé. Cette liaison reliera Kalemie, en RDC, à Kigoma, en Tanzanie, en traversant les eaux du lac Tanganyika. Le 20 octobre 2025, cette initiative a été officialisée par le directeur général de la Société congolaise de fibre optique (SOCOF), Prosper Ghislain Mpeye, en présence de Moremi Marwa, directeur général de la TTCL, et de l’ingénieur Leo Magomba, représentant le ministère tanzanien des Technologies de l’information et de la communication.
Ce câble sous-lacustre, long de 160 à 186 kilomètres, devrait initialement offrir une capacité de 100 gigabits par seconde, avec une possibilité d’extension à plusieurs térabits. Il apportera à l’est de la RDC un accès rapide, fiable et plus abordable à l’internet haut débit. Les responsables du projet ont d’ores et déjà annoncé une réduction de 50 % des coûts de bande passante pour la RDC, une évolution majeure dans une région historiquement sous-connectée.
L’impact économique attendu est considérable. Selon les projections, cette infrastructure pourrait générer entre un et deux milliards de dollars de valeur économique régionale sur une période de dix ans. Le projet vise à catalyser le développement du commerce électronique, faciliter le traitement de données liées à l’exploitation minière et soutenir l’émergence de services numériques locaux, du e-learning à la santé en ligne.
Le coût total de l’opération est estimé entre 15 et 20 millions de dollars. Le chantier devrait débuter au premier trimestre de 2026 et aboutir à une mise en service complète avant la fin de 2027. Plusieurs partenaires sont impliqués, notamment Bandwidth and Cloud Services Group (BCS), une société mauricienne spécialisée dans les infrastructures numériques, renforçant ainsi la dimension transnationale et privée du projet.
Ce projet ne se limite pas à un simple lien technique entre deux villes. Il symbolise une volonté politique de renforcer l’intégration régionale par le numérique, de faire du lac Tanganyika un pont technologique plutôt qu’une barrière géographique. Il positionne également la Tanzanie comme un hub numérique stratégique pour l’Afrique de l’Est, tout en ouvrant des perspectives économiques majeures pour la RDC, en particulier pour ses provinces orientales enclavées.
Néanmoins, les défis sont à la hauteur des ambitions. La pose d’un câble sous-marin dans un environnement aussi vaste et profond que le lac Tanganyika implique des contraintes techniques, environnementales et logistiques complexes. Il faudra aussi assurer une coordination efficace entre les autorités des deux pays, garantir la sécurisation des infrastructures et veiller à ce que les bénéfices de cette connectivité se répercutent effectivement sur les populations locales.














