La ville de Riyad a été, du 1er au 3 septembre 2025, le théâtre d’un événement majeur pour l’avenir du numérique mondial : la 25ᵉ édition du Global Symposium for Regulators (GSR). Organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT) en partenariat avec l’autorité saoudienne des communications, ce symposium a réuni un nombre record de participants venus de plus de 190 pays. Durant trois jours d’échanges intenses, anciens secrétaires généraux de l’UIT, figures de la tech mondiale et régulateurs se sont retrouvés pour réfléchir aux transformations du secteur à l’ère des nouvelles technologies.
Au cœur des discussions, une conviction partagée s’est imposée : le rôle du régulateur doit évoluer. L’époque où il se limitait à l’arbitrage est révolue. Aujourd’hui, les régulateurs doivent devenir des architectes du numérique, capables de bâtir des environnements propices à l’innovation, tout en assurant inclusion, sécurité et durabilité. Cette mutation exige des cadres réglementaires plus souples, adaptés à des technologies qui avancent plus vite que les lois. Intelligence artificielle, fintechs, connectivité satellitaire, cybersécurité… les défis sont nombreux, et le besoin de régulation intelligente est plus pressant que jamais.
Le symposium a également été l’occasion de rappeler l’importance d’une harmonisation des politiques à l’échelle mondiale. La fragmentation des approches ralentit l’innovation et freine l’interopérabilité. C’est pourquoi les travaux ont abouti à la formulation de nouvelles lignes directrices, pensées comme des standards internationaux pour une régulation moderne, souple et centrée sur l’utilisateur.
Parmi les délégations africaines présentes, celle du Sénégal s’est particulièrement distinguée. Conduite par Dahirou Thiam, directeur général de l’ARTP, elle a activement participé aux échanges bilatéraux. Rencontres avec la secrétaire générale de l’UIT, Martina Bogdan-Martin, échanges avec les anciens dirigeants Hamadoun Touré et Houlin Zhao, discussions approfondies avec des homologues d’autres continents… la diplomatie numérique sénégalaise s’est pleinement engagée. Elle a aussi saisi l’occasion pour explorer de nouveaux partenariats, notamment avec l’URCA des Bahamas, mais aussi avec des acteurs privés comme Helios Towers et plusieurs entreprises du secteur satellitaire, intéressées par les perspectives d’expansion au Sénégal.
En célébrant son 25e anniversaire, le GSR 2025 ne s’est pas contenté de marquer le temps. Il a surtout confirmé l’entrée de la régulation dans une nouvelle ère, plus proactive, plus ouverte, plus stratégique. À l’heure où les technologies redessinent la société, les régulateurs doivent eux aussi se transformer — non plus en gardiens du passé, mais en bâtisseurs du futur numérique.














