Le 25 août 2025, Moscou a ravivé les tensions diplomatiques autour du Sahel en accusant l’Algérie de faciliter, en lien avec l’Ukraine, le transfert de drones et d’instructeurs militaires à destination de groupes armés actifs dans la région. L’allégation a été formulée par Alexander Ivanov, directeur de l’Union des officiers pour la sécurité internationale, et relayée par l’agence TASS. Selon lui, Kiev aurait recours à ses ambassades comme couverture pour acheminer du matériel militaire et des conseillers en Afrique. Il cite notamment l’ambassade ukrainienne de Kinshasa, accusée d’avoir facilité l’arrivée d’instructeurs et de drones auprès des Allied Democratic Forces en République démocratique du Congo, et affirme que la représentation diplomatique de l’Ukraine en Algérie superviserait des livraisons similaires à destination du Sahel.
Ces déclarations interviennent dans un climat déjà marqué par de fortes crispations régionales. L’Algérie s’était retrouvée au cœur d’une vive polémique quelques semaines plus tôt, après avoir abattu un drone malien près de sa frontière, un appareil identifié comme un Bayraktar Akinci de fabrication turque. L’incident avait déclenché une crise diplomatique ouverte entre Alger et les juntes du Sahel, marquée par des rappels d’ambassadeurs et la suspension des liaisons aériennes.
Pour la Russie, l’affaire illustre une nouvelle tentative de l’Ukraine d’exporter le conflit au-delà de l’Europe et d’affaiblir des régimes alliés de Moscou en Afrique. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déjà accusé Kiev, en avril dernier, de chercher à déstabiliser la région en soutenant divers groupes armés. Ces propos trouvent un écho favorable auprès des dirigeants militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso, qui ont récemment quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour fonder l’Alliance des États du Sahel, une organisation tournée vers une coopération sécuritaire renforcée avec Moscou.
Dans ce contexte, les accusations portées contre Alger et Kiev apparaissent comme un outil de plus dans la stratégie d’influence russe au Sahel. En multipliant les annonces de soutien militaire et les dénonciations d’ingérences étrangères, Moscou consolide son rôle de partenaire sécuritaire privilégié des régimes sahéliens, tout en cherchant à délégitimer l’Ukraine et à isoler diplomatiquement l’Algérie.














