À Nairobi, dans le prestigieux Michael Joseph Centre, Safaricom a organisé sa toute première conférence dédiée au gaming. Baptisée « Level Up Africa: Unlocking Gaming Potential in Africa », cette rencontre ambitieuse a rassemblé développeurs, entrepreneurs, créateurs, influenceurs et décideurs autour d’une question centrale : comment le jeu vidéo peut-il devenir un levier d’autonomisation pour la jeunesse africaine ?
Pour Safaricom, la réponse est claire. Le gaming, longtemps perçu comme un simple divertissement, est aujourd’hui un espace de création, de technologie et d’opportunités économiques. Fawzia Ali-Kimanthi, directrice de la branche grand public de l’opérateur, l’a affirmé avec conviction : jouer, c’est aussi inventer, apprendre, se professionnaliser. Et dans un continent jeune comme l’Afrique, miser sur cette industrie, c’est investir dans l’avenir.
L’événement ne s’est pas contenté de panels techniques. Il a pris des allures de festival culturel, mêlant cosplay, musique, expositions de produits dérivés, projections de films et performances artistiques. Cette hybridation entre pop culture et innovation technologique a permis d’ancrer le jeu vidéo dans le quotidien des jeunes Africains, bien au-delà du simple loisir.
Mais derrière l’euphorie, plusieurs défis ont été soulevés. Les participants ont évoqué le manque de politiques publiques adaptées, la rareté des financements pour les développeurs locaux, ainsi que le besoin urgent de retenir les talents sur le continent. Beaucoup de jeunes créateurs africains, faute de soutien, sont tentés de partir à l’étranger. Safaricom veut inverser cette dynamique.
Ce n’est pas une posture nouvelle pour l’entreprise. Dès 2019, elle avait lancé un tournoi eSports en partenariat avec Pro Series Gaming, visant à faire du gaming une voie professionnelle pour les 18–26 ans. Ce tournoi s’est doublé d’un programme de mentorat. En 2021, un défi en ligne via Games Lounge a permis à des milliers de clients de concourir sur des jeux d’arcade et de puzzle, avec à la clé des prix quotidiens et un grand gagnant. L’année suivante, le challenge « Wai Ndai » a attiré encore plus de participants avec des récompenses allant jusqu’à 500 000 shillings kényans et trois voitures à gagner.
En 2025, Safaricom a franchi une nouvelle étape en devenant le partenaire technologique principal du festival Otamatsuri, entièrement connecté en 5G. Ce déploiement a offert aux joueurs une expérience ultra-fluide, sans latence, démontrant le rôle central de l’infrastructure dans le développement du secteur.
Ce que cette conférence confirme, c’est que l’Afrique est prête à jouer un rôle majeur dans l’économie numérique du futur. À condition toutefois que les écosystèmes soient renforcés, que les créateurs soient valorisés, et que les entreprises continuent d’investir dans des plateformes qui transforment le jeu en outil d’émancipation. Pour Safaricom, c’est désormais une mission à long terme.














